Nouvelle attaque du gang Gran Grif à Pont‑Sondé : le conseiller-président Fritz Alphonse Jean dénonce l’inaction du gouvernement…

Fritz Alphonse Jean, President du Conseil Presidentiel de Transition (CPT)...

PONT-SONDÉ (Artibonite), dimanche  30 novembre 2025 (RHINEWS)- Dans la nuit du 29 au 30 novembre 2025, le gang Gran Grif a de nouveau semé la terreur à Pont-Sondé, dans le département de l’Artibonite. Selon des témoignages relayés par la presse, la population de Pont-Sondé et de Bercy a été prise sous le feu des armes à feu – “des gars avec des armes”, selon un message diffusé — provoquant des pertes en vies humaines, des blessés, des destructions et d’importants déplacements.

Peu après l’attaque, le conseiller-président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, a dénoncé l’inaction prolongée du gouvernement : « Le sang continue de couler, des vies et des biens continuent d’être perdus devant un gouvernement incapable de répondre aux problèmes de la population depuis plus d’un an » a-t-il déclaré, affirmant que le CPT « met tous les moyens » pour résoudre ces crises.

Le 3 octobre 2024, Pont-Sondé avait déjà été le théâtre d’un massacre spectaculaire attribué à Gran Grif. Ce jour-là, le gang avait attaqué la localité, tirant à balles réelles sur des civils — y compris des femmes, des enfants et des personnes âgées — et incendiant au moins 45 maisons ainsi que 34 véhicules.

Le bilan total a rapidement dépassé les 100 morts, certains bilans faisant état de plus de 115 personnes tuées et des dizaines de blessés.   Cette attaque est considérée comme l’une des plus meurtrières qu’ait connues la région de l’Artibonite.

Cette attaque avait provoqué un exode massif : des milliers d’habitants avaient fui Pont-Sondé, laissant des quartiers entiers déserts et des familles déplacées.

Dans son intervention à l’occasion de la nouvelle attaque, Fritz Alphonse Jean a mis en cause directement le gouvernement sous la direction du Alix Didier Fils-Aimé qu’il juge « incapable » de garantir la sécurité des citoyens. Il estime que les autorités n’ont pas rempli leurs obligations fondamentales en matière de sécurité, de gouvernance et d’organisation des élections.

Il a aussi dénoncé le caractère insuffisant des mesures annoncées pour la lutte contre les gangs, affirmant que les moyens budgétaires — pourtant prévus — n’ont pas été effectivement mis en œuvre, ce qui explique la persistance de l’insécurité, malgré les souffrances répétées de la population.

Le timing de ces accusations et de cette proposition de limoger le Premier ministre intervient alors que certains membres du CPT, dont Fritz Alphonse Jean, subissent des pressions diplomatiques. Les gouvernements des États-Unis et du Canada ont, en effet, brandi la menace de sanctions, notamment sous la forme de révocation de visas, contre les conseillers-présidents cherchant à remplacer Alix Didier Fils-Aimé.

Lors d’un point de presse, M. Jean a dénoncé ces menaces comme une ingérence étrangère dans les affaires internes haïtiennes et une atteinte à la souveraineté nationale. Il a affirmé que ces pressions visaient à maintenir un gouvernement qu’il juge « incompétent et allié à un système mafieux », plutôt qu’à s’attaquer sérieusement à la crise sécuritaire.

« Nous restons fermes dans la lutte contre la corruption, les trafics de drogue, la prolifération des armes », a-t-il assuré, rejetant les accusations portées contre lui et plaidant pour un “changement urgent de gouvernement”.

Depuis plusieurs années, la violence liée aux gangs s’est intensifiée en Haïti, et l’emprise de groupes armés comme Gran Grif s’étend bien au-delà de la capitale. Le département de l’Artibonite, pourtant zone agricole clé, est devenu l’un des lieux les plus meurtris par ces violences.

Les attaques répétées, les massacres de civils, les incendies de maisons et les déplacements massifs de population — comme ce fut le cas à Pont-Sondé en 2024, puis de nouveau en 2025 — illustrent l’ampleur de la crise sécuritaire et humanitaire.

La nouvelle attaque de Pont-Sondé ravive l’urgence d’une réponse efficace du gouvernement. L’appel au départ du Premier ministre, porté par Fritz Alphonse Jean et une partie du CPT, reflète la colère croissante de certains responsables politiques face à ce qu’ils perçoivent comme un effondrement de l’autorité de l’État.

Toutefois, les menaces diplomatiques et les sanctions pesant sur des membres du CPT compliquent la donne, illustrant les tensions entre interventions étrangères et souveraineté nationale.