New York : Zohran Mamdani promet une gouvernance « expansive et audacieuse » au service de tous les habitants…

Zorhan Mandani, Maire dé NEW-YORK…

NEW YORK, vendredi 2 janvier 2026 (RHINEWS)- Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, est officiellement entré en fonction lors d’une cérémonie d’investiture organisée à Lower Manhattan, promettant l’ouverture d’« une nouvelle ère » pour la ville et s’engageant à gouverner de manière « expansive et audacieuse » afin d’améliorer concrètement la vie des New-Yorkais. « Aujourd’hui commence une nouvelle ère », a-t-il déclaré, se disant « honoré de servir comme votre 111e ou 112e maire de la ville de New York », tout en soulignant l’ampleur du moment et la responsabilité confiée par les électeurs.

Dans un discours long et très personnel, le maire a mis l’accent sur l’unité et l’inclusion, affirmant qu’il se tenait « aux côtés des dizaines de milliers de personnes rassemblées ici », mais aussi de celles qui suivaient la cérémonie depuis les différents quartiers de la ville, « des cuisines exiguës de Flushing aux salons de coiffure d’East New York », en passant par « les taxis à l’arrêt à LaGuardia », « les hôpitaux de Mott Haven » et « les bibliothèques d’El Barrio ». « Si vous êtes un New-Yorkais, je suis votre maire. Que nous soyons d’accord ou non », a-t-il assuré, promettant de « protéger », de « célébrer » et de « pleurer aux côtés » de tous les habitants, sans « jamais se cacher ».

Zohran Mamdani a reconnu la défiance d’une partie de la population à l’égard de la politique, affirmant que « seule l’action peut changer les esprits ». Il a remercié les responsables syndicaux et associatifs, les élus présents, ainsi que plusieurs personnalités politiques, dont la gouverneure de l’État de New York et son prédécesseur à la mairie. Il a également salué des figures nationales et locales qu’il a citées comme des sources d’inspiration, affirmant vouloir s’inscrire dans une tradition de dirigeants convaincus que New York « peut appartenir à plus qu’une poignée de privilégiés ».

Refusant de « réinitialiser les attentes à la baisse », le maire a déclaré : « Je ne ferai rien de tel. La seule attente que je souhaite réinitialiser, ce sont les petites attentes ». « À partir d’aujourd’hui, nous gouvernerons de manière expansive et audacieuse. Nous n’y parviendrons pas toujours, mais jamais on ne pourra nous reprocher d’avoir manqué de courage », a-t-il ajouté. Il a défendu un rôle renforcé de l’action publique, affirmant que « City Hall n’hésitera plus à utiliser son pouvoir pour améliorer la vie des New-Yorkais », tout en appelant à une exigence accrue d’excellence au sein de l’administration municipale.

Le discours a également mis en lumière les inégalités persistantes et les difficultés rencontrées par les classes populaires, évoquant « des salles de classe surchargées », « des ascenseurs en panne dans les logements sociaux », « des routes criblées de nids-de-poule » et « des bus qui arrivent avec une demi-heure de retard, quand ils arrivent ». Le maire a dénoncé des « salaires qui n’augmentent pas » et des « entreprises qui abusent des consommateurs et des employés », promettant de ne « jamais fléchir dans la lutte contre l’avidité des grandes entreprises ».

Se référant à ses prédécesseurs, il a cité plusieurs anciens maires qui, selon lui, ont cherché à réduire les fractures économiques et sociales et à célébrer « la magnifique mosaïque qu’est New York ». Il a affirmé vouloir « ressusciter cet héritage » en mettant en œuvre « un programme de sécurité, d’accessibilité financière et d’abondance », avec un gouvernement qui « ressemble et vit comme les personnes qu’il représente ».

Poursuivant son allocution, Zohran Mamdani a affirmé que son administration refuserait de « reculer face à des défis que d’autres ont jugés trop compliqués ». Citant Nelson Mandela et la Charte de la liberté sud-africaine, il a livré une réponse explicite à la question centrale de son discours : « À qui appartient New York ? ». « New York appartient à tous ceux qui y vivent », a-t-il déclaré.

Il a exprimé sa volonté de rompre avec les récits traditionnels d’une ville gouvernée « par le 1 % » ou divisée entre riches et pauvres. « Ce sera l’histoire de huit millions et demi de villes, chacune d’entre elles un New-Yorkais, chacune un univers, toutes tissées ensemble », a-t-il affirmé. Il a décrit une métropole façonnée par une diversité linguistique, culturelle et religieuse, allant « du pashto au mandarin, du yiddish au créole », où certains prient « dans des mosquées, des synagogues, des églises, des gurdwaras ou des temples », tandis que d’autres ne prient pas.

Évoquant de nombreuses communautés, il a cité les immigrés juifs russes de Brighton Beach, les familles italiennes de Rossville, les Irlandais de Woodhaven, les jeunes vivant dans des appartements exigus de Marble Hill, les propriétaires noirs de St. Albans marqués par l’héritage du redlining, ainsi que les New-Yorkais palestiniens de Bay Ridge, promettant qu’ils n’auraient « plus à subir une politique qui parle d’universalisme tout en faisant d’eux l’exception ».

Reconnaissant que certains de ses électeurs avaient auparavant soutenu Donald Trump, le maire a déclaré accueillir « le changement », estimant que « trop souvent, le décorum a servi à masquer des programmes de cruauté ». « Beaucoup ont été trahis par l’ordre établi, mais dans notre administration, leurs besoins seront pris en compte et leurs espoirs reflétés de manière transparente dans l’action publique », a-t-il assuré.

Il a plaidé pour une transformation du lien social, affirmant vouloir « remplacer la froideur de l’individualisme par la chaleur du collectivisme » et renforcer la solidarité entre des communautés longtemps restées distinctes. « Peu importe ce que vous mangez, comment vous priez ou d’où vous venez, les deux mots qui nous définissent tous sont les mêmes : New-Yorkais », a-t-il déclaré.

Sur le plan des politiques publiques, Zohran Mamdani a annoncé une série de réformes structurantes, notamment une refonte d’un « système de taxe foncière depuis longtemps défaillant », la création d’un nouveau « département de la sécurité communautaire » chargé de répondre à la crise de santé mentale afin de permettre à la police de se concentrer sur ses missions principales, ainsi qu’une action renforcée contre « les mauvais propriétaires » et la simplification des démarches administratives pour les petites entreprises.

Revenant sur la dynamique électorale, il a rejeté l’idée que son mouvement serait « sorti de nulle part ». « Ce mouvement vient de huit millions et demi de quelque part », a-t-il déclaré, citant les dépôts de taxis, les entrepôts, les réunions militantes et les jeux de dominos sur les trottoirs. « Dans notre ville, il n’y a ni nulle part ni personne invisible. Il n’y a que New York et des New-Yorkais », a-t-il insisté.

Dans une séquence plus personnelle, le maire a évoqué son propre parcours dans la ville, de son enfance à ses expériences militantes, affirmant que « vivre et aimer New York, c’est savoir que nous sommes les gardiens de quelque chose d’inégalé dans le monde ». Il a assuré que cet attachement guiderait son action, notamment pour « rendre aux travailleurs les vastes ressources de la ville ».

Détaillant son agenda social, il a annoncé la mise en place d’une garde d’enfants universelle financée par une taxation accrue des plus riches, le gel des loyers pour les logements à loyer stabilisé, ainsi que la gratuité et l’accélération du service de bus. « Ces politiques ne concernent pas seulement ce que nous rendons gratuit, mais les vies que nous remplissons de liberté », a-t-il déclaré, ajoutant que « trop longtemps, la liberté n’a appartenu qu’à ceux qui pouvaient se l’acheter ».

Le maire a enfin évoqué des consultations citoyennes récentes menées dans les cinq arrondissements, rapportant des échanges avec des habitants sur des sujets allant du logement abordable aux prestations sociales et aux contrôles migratoires. « Ce qui les unissait, c’était la conviction que ce moment exige une nouvelle politique et une nouvelle approche du pouvoir », a-t-il conclu, promettant de travailler chaque jour pour que « la ville appartienne à davantage de ses habitants que la veille ».