PORT-AU-PRINCE, 7 juin 2026 (RHINEWS)- À un mois du cinquième anniversaire de l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, Martine Moïse, veuve du chef de l’État tué le 7 juillet 2021, a publié un long message sur les réseaux sociaux dans lequel elle revient sur l’évolution de l’enquête et formule de graves accusations contre des acteurs politiques et judiciaires, tout en affirmant sa confiance dans l’aboutissement de la justice.
Dans ce message, elle affirme que les différentes révélations intervenues depuis 59 mois contribueraient, selon elle, à éclairer les responsabilités dans l’assassinat et la tentative d’assassinat dont elle dit avoir été victime. Elle écrit : « Grâce à Dieu et avec le concours de la nature, les révélations faites pendant 59 mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse et la tentative de le tuer le 7 juillet 2021 mettent en lumière et désignent les auteurs malgré les manœuvres pour brouiller les pistes. La vigilance du peuple ne laisse rien passer. »
Martine Moïse met également en cause des acteurs politiques et judiciaires qu’elle qualifie de « corrompus », leur reprochant d’avoir, selon elle, tenté de modifier l’interprétation des faits entourant l’assassinat. Elle affirme notamment : « Après la tentative des oligarchies de Tibwa et des politiciens criminels de tuer le président Jovenel Moïse, avec le soutien d’un juge proche de la Cour de cassation le 7 février 2021, une partie de la classe politique corrompue en Haïti a déclaré que les criminels ayant commis cet acte étaient des prisonniers politiques. Face à la pression populaire, 59 mois plus tard, le discours a changé. Aujourd’hui, ils reconnaissent et admettent que ce qui s’est passé à Tibwa était bel et bien un coup d’État. »
Elle revient également sur l’affaire des dossiers financiers de l’UCREF, affirmant que des éléments auraient été utilisés contre la candidature de son mari. « Ce sont ces mêmes acteurs qui ont tenté de détruire la candidature de mon mari à la présidence avec de faux dossiers financiers de l’UCREF. Dans ces faux dossiers, des transactions en gourdes ont été présentées comme des dollars », écrit-elle.
Dans son message, elle exprime aussi son étonnement face à certaines nominations dans le système judiciaire, qu’elle estime problématiques au regard des affaires en cours. « Beaucoup de personnes sont surprises de voir l’un des auteurs de ces montages de corruption à l’UCREF nommé juge à la Cour d’appel de Port-au-Prince, la même cour où les dossiers de l’assassinat du président Jovenel et de la tentative d’assassinat contre moi suivent leur cours », affirme-t-elle.
Martine Moïse dénonce par ailleurs une campagne prolongée de dénigrement contre son défunt mari et sa famille. « La classe politique corrompue a passé quatre ans et cinq mois à détruire le caractère du président Jovenel Moïse et à dénigrer sa famille jusqu’à son assassinat. Même après sa mort, ils continuent ce travail de diffamation à travers la propagande de l’opération Bolivi », écrit-elle.
Elle affirme également avoir elle-même été la cible de tentatives de dénigrement et de pressions médiatiques, tout en disant ne pas être découragée dans son combat. « Ils ont même tenté de me détruire et de dénigrer ma famille sur plusieurs stations de radio. Cela ne nous a pas découragés. Nous savons que la justice finira par triompher », ajoute-t-elle.
Évoquant des éléments liés à la succession et aux documents personnels de l’ancien président, Martine Moise qui est inculpée pour implication présumée dans l’assassinat de son mari, déclare : « Le carnet du président Jovenel Moïse était chez lui et c’est là qu’il prenait toutes les notes importantes. Même si l’ordonnance du juge n’a pas encore été exécutée et que ce document, qui est un secret d’État, n’a pas été retrouvé, la justice finira par triompher. »
Elle insiste enfin sur sa conviction que les responsables de l’assassinat devront répondre de leurs actes, malgré les délais judiciaires et les obstacles qu’elle évoque. « Même si des tractations sont en cours pour protéger les criminels qui ont tué mon mari, notre président, et qui m’ont tirée le 7 juillet 2021, la justice finira par triompher. Même 59 mois plus tard, alors que les auteurs financiers et intellectuels de ce crime contre la nation et le peuple sont toujours recherchés, la justice finira par triompher », conclut-elle.

