L’UE convoque un sommet extraordinaire sur la riposte aux menaces douanières de Trump…

photo deposito: Symbole de l'Union Europeenne

BRUXELLES, lundi 19 janvier 2026 (RHINEWS)- Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a annoncé dimanche la convocation d’un sommet extraordinaire des dirigeants de l’Union européenne afin d’examiner la réponse des Vingt-Sept aux menaces de surtaxes douanières brandies par le président américain Donald Trump, dans un contexte de tensions liées au Groenland, territoire autonome danois.

La réunion, prévue jeudi prochain, sera consacrée aux « relations transatlantiques », a indiqué Antonio Costa, précisant que les consultations menées au sein de l’UE ont fait ressortir « un soutien solide au Danemark et au Groenland » ainsi qu’une volonté commune de « se défendre contre toute forme de coercition », tout en maintenant des relations « constructives » avec Washington.

Les États membres ont affiché leur unité face aux déclarations de Donald Trump, qui a réitéré sa volonté de prendre le contrôle du Groenland. Selon plusieurs responsables européens, la souveraineté de ce territoire est considérée comme une question « grave et existentielle » pour l’Union européenne, au même titre que d’autres dossiers majeurs de sécurité internationale. Les Européens jugent par ailleurs « inacceptable » toute spirale de droits de douane et excluent toute négociation portant sur la souveraineté d’un État.

La décision d’organiser un sommet extraordinaire fait suite à une réunion d’urgence des ambassadeurs des Vingt-Sept. D’après un diplomate européen, cette rencontre a permis de faire passer un message clair à Washington, soulignant que « l’utilisation de mesures commerciales comme moyen de pression n’est pas acceptable » et que l’Union dispose de « plusieurs instruments » pour répondre si nécessaire.

En amont du sommet, des discussions se poursuivent à différents niveaux. Paris et Berlin doivent coordonner leur position, notamment lors d’une rencontre entre leurs ministres de l’Économie, tandis que les échanges devraient se prolonger à Davos, en marge du Forum économique mondial, auquel Donald Trump participe pour la première fois.

Parallèlement aux efforts diplomatiques, les États membres ont demandé à la Commission européenne d’examiner les options de rétorsion possibles. Parmi celles-ci figure la réactivation de mesures de représailles portant sur une liste de produits américains représentant jusqu’à 93 milliards d’euros, un dispositif qui avait été suspendu après la conclusion, à l’été 2025, d’un accord commercial entre Bruxelles et Washington.

Cet accord, qui doit encore être examiné par le Parlement européen, suscite désormais de fortes réserves. Le chef du groupe du Parti populaire européen, Manfred Weber, a estimé qu’une approbation du texte n’était « pas possible à ce stade », illustrant le durcissement du ton au sein des institutions européennes face aux menaces commerciales américaines.