LÉOGÂNE(Haïti, lundi 26 janvier 2026 (RHINEWS)- Me Jean Danton Léger, ancien député de Léogâne et ex-commissaire du gouvernement, estime que la décision prise e récemment par une majorité qualifiée du Conseil présidentiel de transition (CPT) de renvoyer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est pleinement conforme au droit, affirmant qu’« il n’y a pas de débat juridique » sur la question.
Selon lui, le CPT a agi dans le respect d’un principe fondamental du droit administratif. « L’autorité de nomination est aussi l’autorité de révocation », a déclaré Me Léger. « Du point de vue légal, il n’y a aucune discussion possible : cinq membres sur sept ont voté le renvoi du Premier ministre, et cette décision est légale. »
L’ancien parlementaire a précisé qu’une fois adoptée à la majorité requise, une résolution du CPT acquiert force juridique, indépendamment de l’accord personnel du coordonnateur du Conseil. « Le coordonnateur n’est pas obligé de signer la résolution s’il n’est pas d’accord », a-t-il expliqué. « En revanche, il a l’obligation de l’acheminer vers les secrétariats compétents afin qu’elle puisse produire ses effets. »
Me Léger a rejeté toute interprétation laissant croire qu’un refus de signature pourrait bloquer la procédure. « Il n’existe aucun droit de veto », a-t-il insisté. « On ne peut pas inventer un mécanisme que ni la loi ni les règlements internes ne prévoient. »
Il a ajouté que, dans l’hypothèse où un coordonnateur s’opposerait ouvertement à la volonté majoritaire, le caractère collégial du CPT permettrait d’y remédier. « Dans un organe collégial, une rébellion du coordonnateur ne peut pas paralyser l’institution », a-t-il affirmé. « La majorité peut se réunir, le destituer, en désigner un autre et permettre à la décision d’aboutir. »
Au-delà des considérations juridiques, Me Jean Danton Léger a lancé un appel à la classe politique haïtienne pour une mobilisation rapide en vue de doter le pays de nouvelles autorités de transition. Il a plaidé pour la mise en place, dans de brefs délais, d’un président provisoire et d’un nouveau Premier ministre chargés de former un « gouvernement de salut public ».
« Il s’agirait d’un gouvernement exceptionnel, équilibré et consensuel, doté d’un mandat clair et limité », a-t-il déclaré, évoquant une durée de six à douze mois. Les priorités, selon lui, devraient inclure le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, le démantèlement des groupes armés, la libre circulation des personnes, la mise en place d’un Conseil électoral provisoire dans des conditions optimales et l’organisation « d’élections libres et démocratiques » afin de rétablir des autorités légitimes.
« Le temps presse », a conclu Me Léger. « Le pays a besoin de clarté, de transparence et d’actions décisives pour aller vers des élections crédibles et sortir de l’impasse. »

