PORT-AU-PRINCE, lundi 29 juin 2026 (RHINEWS) – Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (PFSDH) a appelé le gouvernement haïtien à solliciter « d’urgence » auprès de l’administration américaine un moratoire sur toute expulsion massive de bénéficiaires haïtiens du Statut de protection temporaire (TPS), à la suite de la décision de la Cour suprême des États-Unis ouvrant la voie à la révocation de ce statut pour plus de 350 000 ressortissants haïtiens, selon une note de presse publiée vendredi.
Dans son communiqué, le parti estime que cette décision intervient alors qu’Haïti demeure incapable d’accueillir un retour massif de ses ressortissants en raison de la crise sécuritaire et humanitaire. Il souligne que les groupes armés continuent de contrôler de vastes secteurs du territoire, que plus de 1,5 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et qu’environ 5,83 millions d’Haïtiens vivent en situation d’insécurité alimentaire aiguë.
Le PFSDH critique également les communications du gouvernement sur la situation sécuritaire, estimant qu’elles risquent d’affaiblir les arguments en faveur du maintien du TPS. « Lorsque la Primature affirme […] que des “progrès” sécuritaires importants auraient été réalisés, que des “résultats encourageants” seraient observés sur le terrain, ou que l’État reprendrait progressivement le contrôle de la situation, elle affaiblit objectivement le plaidoyer en faveur des Haïtiens menacés d’expulsion », écrit le parti.
Selon Fusion, ces déclarations pourraient être interprétées par les autorités américaines comme un signe d’amélioration des conditions en Haïti, alors que, selon le parti, « la réalité nationale démontre exactement le contraire ». Il affirme notamment que les déplacés internes ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers, que les forces de sécurité haïtiennes ne sont pas encore en mesure de rétablir seules l’ordre public et que la Force de répression des gangs n’a pas encore produit de résultats jugés suffisants pour permettre une normalisation durable.
Le parti rappelle par ailleurs que la législation américaine prévoit que le Department of Homeland Security évalue si les conditions dans le pays d’origine permettent un retour sûr des bénéficiaires du TPS. Selon le PFSDH, ces conditions ne sont pas réunies en Haïti et un rapatriement massif « reviendrait à aggraver une crise humanitaire déjà insoutenable ».
Fusion demande ainsi au gouvernement haïtien de transmettre officiellement à l’administration américaine une requête de moratoire sur les expulsions jusqu’au déploiement complet de la Force de répression des gangs et à l’obtention de résultats tangibles. Le parti appelle également les autorités à engager un plaidoyer coordonné avec les organisations de la diaspora, les associations de défense des droits des migrants, des élus américains et les partenaires internationaux afin d’obtenir une prolongation du TPS.
Le PFSDH exhorte l’exécutif à « cesser toute communication gouvernementale destinée à maquiller la réalité sécuritaire du pays », estimant que « chaque déclaration prématurée sur un prétendu retour à la normale peut se retourner contre les Haïtiens les plus vulnérables ». Le parti conclut que « la diplomatie d’un pays en crise ne peut pas être construite sur l’autosatisfaction, la mise en scène et le déni » et affirme que « renvoyer massivement des centaines de milliers d’Haïtiens dans les conditions actuelles ne serait ni réaliste, ni humain, ni responsable ».

