Le maire de Trou-du-Nord rejette les accusations de spoliation et de violence formulées par l’OPVTM…

Elie Pierre-Louis, Agent Executif interimaire de Trou-du-Nord

TROU-DU-NORD, dimanche 28 septembre 2025 (RHINEWS) –  Le maire de Trou-du-Nord, Élie Pierre-Louis, a catégoriquement rejeté dimanche les accusations de spoliation de terres et de violences portées contre lui par l’Organisation Paysanne des Victimes de Tè Matelyè (OPVTM). Dans une plainte déposée le 24 septembre auprès du délégué départemental du Nord-Est, Me Dionel Germain, l’organisation accuse l’édile d’accaparement illégal de terres agricoles et d’actes de violence visant à expulser des familles paysannes installées depuis plusieurs générations dans la localité de Kafou Jezi, première section communale de Gasen.

« Nous vivons dans cette section, nous faisons de l’élevage et cultivons nos jardins pour nourrir nos familles. Aujourd’hui, nos terres sont menacées et nos droits bafoués », dénonce le comité de l’OPVTM dans sa correspondance, accusant le maire d’avoir mobilisé des agents municipaux et des hommes de loi pour procéder à des expropriations.

En réaction, Pierre-Louis a qualifié ces accusations de « ridicules et fantaisistes », affirmant que la mairie, en tant qu’institution légale et symbole du pouvoir local, « ne peut pas spolier des terres appartenant à l’État ». Selon lui, les parcelles en question étaient initialement destinées à la construction d’un centre de germoplasme, mais ont été envahies par « des individus n’ayant aucun lien avec la mairie ».

L’édile précise que la municipalité a désherbé trois à quatre hectares sur une parcelle de dix afin de préparer non seulement le lancement du centre, mais aussi la construction d’infrastructures destinées à reloger des déplacés internes, principalement venus des zones contrôlées par les gangs armés. « Chaque jour, je reçois des demandes de familles déplacées qui sollicitent l’aide de la mairie pour être logées. Beaucoup sont abritées provisoirement dans des écoles. Avec la rentrée scolaire prévue début octobre, il faudra trouver une solution de relogement », a-t-il déploré.

Le maire insiste sur sa volonté de poursuivre les “projets d’intérêt public pour la commune et réfute toute implication dans des actes de spoliation ou de violence.”

Entre-temps, la tension s’est accrue à Kafou Jezi. Selon les informations disponibles, dans la nuit du 24 septembre, un groupe d’individus armés a attaqué des paysans de la zone. Vers 22 heures, les assaillants auraient incendié des maisons, détruit des biens, battu des habitants et tiré à balles réelles, provoquant la fuite de plusieurs familles vers les montagnes de Matelyè.

Dans une note diffusée après les faits, les paysans accusent la mairie, la vice-délégation et le commissariat de Trou-du-Nord de connivence avec des bandes armées afin de les expulser pour s’approprier leurs terres. La population locale, notamment celle de Trivyèn, a réagi en se mobilisant via les réseaux sociaux pour alerter et relayer l’information. Cette réaction aurait contraint les assaillants à se retirer tard dans la nuit.

Les paysans remercient la population pour sa solidarité et sa vigilance, affirmant que cette mobilisation a évité un bilan encore plus lourd.