Le Conseil de sécurité de l’ONU examinera la crise en RDC, la situation sécuritaire à l’Est et l’avenir de la MONUSCO…

Drapeau de la Republique Democratique du Congo (RDC)...

NEW-YORK, dimanche 28 septembre 2025 (RHINEWS)- Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira mardi 30 septembre pour un exposé public sur la République démocratique du Congo (RDC), suivi de consultations à huis clos. La cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, doit présenter un rapport couvrant la période du 20 juin au 19 septembre. La RDC et le Rwanda prendront part à la séance conformément à la règle 37 du Conseil.

Keita devrait souligner les développements politiques récents, dont la formation d’un nouveau gouvernement le 7 août par le président Félix Tshisekedi, incluant certains représentants de l’opposition et de la société civile. Le rapport du Secrétaire général note que les attentes pour un gouvernement véritablement inclusif n’ont pas été satisfaites, mais Tshisekedi a désigné une équipe pour dialoguer avec les Églises catholique et protestante, rejointes par d’autres confessions.

Le parquet congolais a par ailleurs requis la peine de mort contre l’ancien président Joseph Kabila, accusé de trahison, d’insurrection, d’homicide, de viol et de torture. La Haute Cour militaire attend de nouvelles preuves et témoignages. Kabila, en exil prolongé en Afrique du Sud, s’est récemment montré plus actif, visitant en mai Goma, sous contrôle rebelle, et participant début septembre à une rencontre organisée par la Fondation Thabo Mbeki avec des acteurs politiques et le M23. Kinshasa avait boycotté la réunion, accusant Mbeki de partialité.

Sur le plan sécuritaire, Keita doit informer le Conseil des efforts de médiation après l’accord de paix signé le 27 juin entre la RDC et le Rwanda sous l’égide américaine, ainsi que des discussions pilotées par le Qatar avec le M23. Les deux parties ont convenu d’un mécanisme d’échange de prisonniers supervisé par le CICR. L’ONU cherche à harmoniser ces initiatives avec les processus régionaux menés par l’EAC et la SADC.

Malgré ces efforts, la situation à l’Est s’est aggravée, avec une recrudescence des attaques de groupes armés et de graves violations des droits humains. Un rapport du 5 septembre de la mission d’établissement des faits sur le Nord et le Sud-Kivu accuse toutes les parties de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le Conseil avait déjà convoqué une réunion d’urgence le 22 août, mais une déclaration proposée par la France avait échoué, les États-Unis voulant mentionner le « M23 soutenu par le Rwanda », ce que le groupe A3 Plus (Algérie, Sierra Leone, Somalie, Guyana) avait refusé.

À l’Assemblée générale le 23 septembre, Tshisekedi a accusé le Rwanda de bloquer les efforts de paix et de soutenir le M23, exigeant le retrait de ses troupes. Le 25 septembre, le ministre rwandais des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe a répliqué, accusant Kinshasa de militarisation et de collaboration avec les FDLR et les milices Wazalendo.

Le Conseil examinera également les difficultés de la MONUSCO, confrontée à une pénurie de carburant ayant réduit ses opérations, à l’absence de rotation des troupes et à une forte frustration parmi les contingents. La crise de liquidités de l’ONU, aggravée par les coupes budgétaires décidées par l’administration américaine de Donald Trump en juin et août, menace de réduire drastiquement les capacités de la mission.

Le rapport du Secrétaire général fait état de la visite du 3 au 7 septembre de Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de paix, qui a rencontré Tshisekedi et des acteurs politiques à Kinshasa avant de se rendre en Ituri et au Nord-Kivu. Les autorités congolaises ont exprimé leur soutien au maintien de la MONUSCO à Goma et dans les zones sous contrôle du M23.

Alors que l’ONU envisage un rôle de supervision d’un cessez-le-feu, les négociations directes entre Kinshasa et le M23 restent bloquées, malgré l’accord du 27 juin et les pourparlers de Doha.