L’ambassadeur Ronald Sanders estime que le Conseil présidentiel de transition a échoué…

Ronald Sanders, Ambassadeur de Antigua et Barbuda aux USA et a l'OEA

PORT-AU-PRINCE, vendredi 6 février 2026 (RHINEWS) « Le mandat du Conseil présidentiel de transition a échoué sur tous les volets de son propre mandat », affirme Sir Ronald Sanders, ambassadeur d’Antigua-et-Barbuda auprès des États-Unis et de l’Organisation des États américains (OEA). Selon lui, le Conseil, dont le mandat prend fin le 7 février, n’a jamais été adopté par le peuple haïtien et a été « largement perçu comme une construction à neuf têtes, lourde, tournée vers elle-même et vulnérable aux rivalités, à la corruption et aux ambitions personnelles ».

L’ambassadeur souligne que la sécurité n’a pas été consolidée, la vie quotidienne des Haïtiens ne s’est pas améliorée, et les élections destinées à rétablir l’ordre constitutionnel restent « introuvables à l’horizon ». Sanders reconnaît néanmoins « quelques gains tactiques » obtenus par la police haïtienne, soutenue par des partenaires internationaux, mais ces succès « ne rachètent pas l’échec stratégique » du Conseil.

Edmonde Supplice Beauzile, ancienne parlementaire et dirigeante politique, met en garde contre un manque de courage civique. Elle estime qu’Haïti « souffre moins d’un manque de diagnostic que d’un refus collectif d’accepter le traitement » et appelle les dirigeants à « placer le pays au-dessus des ambitions personnelles ».

Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), prévoit que tous les membres du Conseil quitteront leurs fonctions le 7 février. Il insiste sur la nécessité d’éviter un gouvernement par décret et recommande que toute autorité intérimaire soit « encadrée par une feuille de route claire en matière de gouvernance, de sécurité et d’élections, avec un mécanisme de contrôle indépendant ».

Selon Sanders, la Constitution haïtienne prévoit que l’autorité exécutive soit exercée collectivement par le Conseil des ministres, que préside le Premier ministre. Une autorité temporaire, limitée et soumise au contrôle de la société civile, « lierait le pouvoir à la responsabilité collective » et constituerait un cadre légal et proportionné pour la transition en attendant des élections.

L’ambassadeur insiste également sur le rôle de la communauté internationale : « Le soutien opérationnel et les ressources pour les besoins sociaux et économiques doivent accompagner toute transition », faute de quoi le cycle de l’échec risque de se répéter sous une autre forme.