PORT-AU-PRINCE, samedi 16 mai 2026 (RHINEWS) – Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION/PFSDH) a adressé une correspondance au Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils Aimé, pour exprimer ses préoccupations face à la détérioration de la situation sécuritaire, aux difficultés entourant l’organisation des élections et à l’absence de perspectives claires pour le retour à l’ordre constitutionnel.
Dans cette lettre datée du 14 mai 2026, le directoire du parti estime que « l’environnement sécuritaire continue de se dégrader » malgré les efforts des forces de sécurité haïtiennes. La formation politique affirme que « les actes de terrorisme se multiplient un peu partout avec plus d’acuité dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre », tout en soulignant l’augmentation du nombre de déplacés internes et la précarité dans laquelle vivent plusieurs familles.
La FUSION soutient également que plusieurs entreprises opérant dans le pays ont « appelé l’État au secours » sans obtenir de réponse satisfaisante du gouvernement, avertissant que la poursuite de la dégradation de la situation pourrait entraîner la fermeture de certaines d’entre elles. Le parti considère en outre que l’absence « d’une perspective d’issue politique crédible » continue de freiner l’engagement des partenaires internationaux dans le financement des opérations de sécurité prévues pour appuyer la Police nationale d’Haïti et les Forces armées d’Haïti.
Sur le plan électoral, le PFSDH/FUSION réaffirme que « c’est uniquement par des élections libres et inclusives que le peuple haïtien pourra choisir les femmes et les hommes » appelés à gouverner le pays. Le parti juge cependant irréalistes les échéances électorales annoncées jusqu’ici, affirmant qu’« il ne sert à rien de fixer des dates que l’on sait ne pas pouvoir respecter ».
La formation politique estime notamment que la date du 30 août 2026 avancée par le Conseil électoral provisoire « n’était pas réaliste » et soutient que les annonces répétées de calendriers non respectés risquent d’affecter « la crédibilité même du gouvernement ».
Dans la correspondance, la FUSION souligne également les difficultés auxquelles sont confrontés les partis politiques dans le contexte actuel. Elle indique que son siège situé à la rue Christ-Roi à Port-au-Prince est occupé depuis plusieurs mois par des personnes déplacées ayant fui les violences des gangs armés, une situation qui aurait entraîné « des pertes irremplaçables en termes d’archives et de mémoire institutionnelle ».
Le parti affirme aussi que le rétablissement de la sécurité constitue « un préalable à la reprise des activités de tous les secteurs de la vie nationale », y compris celles des partis politiques. Il rappelle que la présidente de la FUSION a été victime des violences des gangs armés et que sa résidence a été « vandalisée et incendiée ».
Abordant la question de la prolifération des partis politiques, la FUSION reconnaît que le sujet constitue « un problème sérieux » mais critique l’absence de consultations approfondies autour des propositions avancées par le Conseil électoral provisoire. Le parti estime que toute réforme du paysage politique doit respecter « un principe fondamental et intangible : la liberté d’association ».
La formation politique considère par ailleurs comme « discutable » la constitutionnalité de la mesure prévoyant une interdiction de participation aux élections pendant six ans pour les partis recueillant moins de 3 % des voix.
Enfin, la FUSION appelle les autorités à fournir des explications claires à la population sur l’avenir de la transition politique. « Peyi a pa ka tann ankò », écrit le parti, estimant que les dirigeants signataires de l’accord politique en vigueur ont « une obligation » d’indiquer au peuple haïtien « ki kote wap mennen peyi a ».

