La Fondation Zile plaide pour une “Journée d’Haïti dans le monde” et souligne le rôle économique central de la diaspora…

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SANTO-DOMINGO, lundi 20 avril 2026 (RHINEWS)- À l’occasion de la Journée nationale de la diaspora haïtienne, célébrée le 20 avril, la Fondation Zile a appelé à transformer cette commémoration en une « véritable Journée d’Haïti dans le monde », tout en mettant en avant la contribution déterminante des communautés haïtiennes à l’étranger dans un contexte de crise nationale prolongée.

Dans une note rendue publique, l’organisation « salue la contribution exceptionnelle des Haïtiennes et des Haïtiens vivant à l’étranger, ainsi que de leurs descendants, à la survie, au rayonnement et à l’avenir d’Haïti ». Elle souligne que, « dans le contexte actuel de crise profonde que traverse le pays, la diaspora demeure l’une des principales forces de soutien à la nation », évoquant notamment « sa solidarité, ses transferts, ses compétences, son engagement civique ».

Selon les estimations citées, la diaspora haïtienne représenterait près de 4 millions de personnes à travers le monde, soit environ un tiers de la population du pays. Répartie notamment aux États-Unis, en République dominicaine, au Canada, en France, au Chili ou encore au Brésil, cette présence « confirme qu’Haïti existe bien au-delà de ses frontières » et constitue « une ressource stratégique de premier ordre pour toute politique de redressement national ».

Sur le plan économique, la fondation met en avant le poids des transferts financiers. D’après les données de la Banque de la République d’Haïti (BRH), « les envois sans contrepartie ont atteint un niveau record en 2025, avec 4,95 milliards de dollars américains », soit une hausse de 19,8 % sur un an. En incluant les circuits informels, « les transferts haïtiens dépassent vraisemblablement les 5 milliards de dollars », précise le document. « Ces envois de fonds ont été une véritable bouffée d’oxygène », souligne la fondation, estimant qu’ils ont permis d’amortir « l’effondrement des exportations et des investissements directs étrangers ».

La Fondation Zile relève également que « plus de 70 % de ces fonds proviennent des États-Unis », une concentration qui illustre à la fois « la puissance de la diaspora nord-américaine » et « la vulnérabilité face aux décisions de politique migratoire de Washington ».

Sur le plan institutionnel, l’organisation propose la création d’une commission interministérielle permanente regroupant notamment les ministères en charge des Haïtiens vivant à l’étranger, des Affaires étrangères, du Tourisme, de la Culture et de l’Intérieur. Cette structure aurait pour mission « d’organiser, de manière rotative dans les communautés de l’extérieur, cette commémoration nationale » et de renforcer la coordination avec les pays d’accueil.

Elle devrait également « préparer un programme annuel de mobilisation des compétences et des investissements de la diaspora » et mettre en place « un mécanisme permanent de suivi, de valorisation et de concertation ».

Enfin, la fondation appelle à une redéfinition de la portée symbolique du 20 avril. « Il s’agit de reconnaître pleinement que la diaspora n’est pas seulement un prolongement d’Haïti à l’étranger, mais une dimension essentielle de la nation elle-même », affirme-t-elle. Le 20 avril devrait ainsi devenir « un moment fort de visibilité, de fierté nationale, de diplomatie citoyenne et de mobilisation collective ».

Dans ce contexte, la Fondation Zile exhorte les autorités haïtiennes à « accorder à la diaspora la place stratégique qu’elle mérite dans la vision nationale, dans l’action publique et dans la reconstruction d’Haïti ».