Hugues Célestin dénonce une « tutelle recyclée » et une gouvernance internationale à distance…

Hugues Celestin, Sociologue et ancien depute de Quartier-Morin...

GRAND-PRÉ (Quartier-Morin), 1er févrie 2026 (RHINEWS)- L’ancien député de Quartier-Morin, Hugues Célestin, a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « recyclage de la tutelle » internationale sur Haïti, estimant que les mécanismes actuels de gestion de la crise prolongent l’effondrement politique, économique et social du pays au détriment de la souveraineté nationale et de la participation populaire.

Dans un texte publié le 30 janvier, l’auteur situe son analyse dans le prolongement des interventions internationales successives, évoquant « les missions humanitaires de l’ONU, les scandales de la MINUSTAH et la normalisation de l’humiliation », avant de dénoncer « l’ère du pilotage régional par connexion Internet sous supervision américaine ». Il fait notamment référence à une visioconférence organisée le même jour par le Groupe des Éminentes Personnalités (GEP) de la CARICOM sur la situation haïtienne, estimant que « quelques acteurs locaux soigneusement sélectionnés » y ont été conviés « pour servir de façade ».

Selon Hugues Célestin, « la crise haïtienne s’inscrit désormais dans la modernité de la gouvernance à distance », où « souveraineté et dignité nationale sont mises en sourdine », tandis que « les masses, anesthésiées par les discours de compassion internationale, assistent impuissantes au recyclage du désastre ». Il soutient que la CARICOM joue un rôle de médiation qui « masque la délégation de la gestion d’Haïti par Washington, sans exposition ni responsabilité politique directe ».

L’ancien parlementaire affirme que la majorité des États membres de la CARICOM demeurent « économiquement, financièrement et sécuritairement arrimés aux États-Unis », ce qui, selon lui, réduit l’organisation régionale à « un paravent régional obéissant » et à une « sous-traitance géopolitique » d’une stratégie de domination inchangée.

Dans son analyse, Hugues Célestin évoque une « instrumentalisation » de l’instabilité haïtienne, affirmant que « la prolifération des groupes armés, la gangstérisation du territoire et la fragmentation sociale sont tolérées et instrumentalisées » afin d’empêcher « l’émergence d’un pouvoir politique unifié et souverain ». Il met également en cause les politiques économiques imposées par les institutions financières internationales, qu’il juge responsables de la « destruction méthodique de l’État » et de la désarticulation de l’économie nationale.

Le texte pointe par ailleurs la responsabilité de « relais internes », évoquant « la complicité d’élites consentantes » — politiques, économiques et issues de la société civile — qui, selon lui, bénéficient du maintien du chaos. « La communauté internationale continue de recycler des acteurs massivement discrédités auprès de la population », écrit-il, estimant que ces élites sont « chargées de légitimer l’inacceptable ».

Hugues Célestin critique aussi le rôle des médias et de l’action humanitaire, qu’il accuse de contribuer à « l’abrutissement politique des masses » par « l’urgence permanente » et la mise en scène répétée de la violence. « Lorsqu’une population lutte quotidiennement pour sa survie, toute projection politique reste un luxe », affirme-t-il, estimant que la résignation est entretenue par l’idée qu’« aucune alternative n’est possible ».

Tout en rejetant l’idée d’un peuple haïtien passif, il reconnaît l’existence de « résistances diffuses et fragmentées », mais déplore « l’absence d’un cadre collectif capable de transformer cette conscience en force historique ». Selon lui, « un peuple politisé, structuré et conscient représenterait une rupture insupportable » pour les bénéficiaires du système actuel.

L’ancien député souligne enfin que les discussions internationales ignorent, selon lui, les questions de fond telles que « l’économie, la souveraineté alimentaire, la reconstruction productive et la protection du marché national », au profit de « solutions importées, de médiations extérieures et de compromis sans lendemain ». Il affirme que « Haïti est dirigée en ignorant les Haïtiens et souvent contre eux, prétendument pour leur salut ».

Hugues Célestin estime qu’« aucune solution imposée d’en haut ne produira la rupture attendue » et que le redressement du pays passera par « la réappropriation de l’histoire », la reconstruction d’un projet national et le retour des masses comme « sujet politique central ».