Hugues Célestin dénonce une « gestion impériale du monde » et critique l’ordre géopolitique dominé par les grandes puissances…

Hugues Celestin, Sociologue et ancien depute de Quartier-Morin...

QUARTIER-MORIN, mercredi 4 mars 2026 (RHINEWS)- L’ancien député de Quartier-Morin, Hugues Célestin, a publié un texte intitulé « La gestion impériale du monde », dans lequel il développe une réflexion historique et géopolitique sur l’exercice du pouvoir à l’échelle internationale, établissant un parallèle entre l’héritage de l’ancienne Perse et les dynamiques contemporaines de domination.

Dans une première partie à caractère historique, l’ancien parlementaire évoque l’ancienne Perse, devenue en grande partie l’Iran actuel, qu’il présente comme « un carrefour, une matrice où s’apprêtaient à converger les routes de l’humanité ». Il fait référence au règne de Cyrus le Grand, fondateur de l’Empire achéménide au VIe siècle avant notre ère, soulignant que ce dernier « ne se contenta pas d’agrandir des frontières ; il redessina la manière même de concevoir le pouvoir ».

Selon Hugues Célestin, sous l’autorité de Cyrus, « les cités conquises ne furent pas condamnées à l’effacement », les cultes et traditions ayant été maintenus. Il décrit « une architecture politique subtile, composée de lois adaptées aux réalités locales, de satrapies reliées par des routes, d’administrations organisées ». Il cite également Persépolis comme symbole d’un « monde ordonné », où les peuples représentés sur les bas-reliefs n’étaient « pas en captifs brisés, mais en porteurs d’offrandes, participants d’un univers mis en relation ».

L’auteur mentionne aussi la diffusion du jeu d’échecs, né en Inde sous la forme du chaturanga puis transformé en shatranj en Perse, qu’il considère comme « une métaphore du pouvoir, illustrant la patience, le calcul et la vision ».

Dans la seconde partie de son texte, Hugues Célestin analyse les rapports de force contemporains. Il estime que « le monde actuel s’organise selon un ordre global où les intérêts stratégiques dictent les rapports de force entre États et sociétés ». Il évoque le rôle combiné « des ONG, des missions d’observation, de la médiatisation stratégique et de la présence militaire » comme vecteurs d’un « pouvoir diffus, combinant persuasion symbolique et capacité coercitive ».

Il affirme que « les sanctions économiques, les embargos et l’isolement diplomatique agissent en tant qu’instruments structurés de coercition indirecte », permettant, selon lui, de « contraindre et d’affaiblir des États en dehors du registre classique de l’intervention militaire ». Il écrit qu’« une nation peut ainsi être mise à genoux sans qu’un seul soldat ne débarque : il suffit de l’exclure des circuits dominants ».

Prenant l’exemple de Cuba, il rappelle que depuis 1962, les États-Unis maintiennent un embargo contre l’île et soutient que, « sous l’administration de Donald Trump, le dispositif n’a pas été assoupli ». Il qualifie cette politique de « stratégie de patience visant à affaiblir le système de l’intérieur, présentée hypocritement pour promouvoir la démocratie ». Il souligne que, malgré les votes répétés de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies en faveur de la levée du blocus, « les résolutions (…) restent purement symboliques ».

Abordant la situation au Moyen-Orient, Hugues Célestin évoque l’Iran, estimant que ce qui s’y est produit est « typique d’une gestion impériale des rapports de force ». Il affirme que « la démocratie peut désormais rimer avec éliminations ciblées et bombardements médiatisés », dénonçant des frappes qu’il considère comme légitimées par les dirigeants occidentaux.

Il cite également la Palestine, qu’il dit « soumise à un régime de blocus et à des opérations militaires récurrentes de la part d’Israël », et le Venezuela, où il estime que « les sanctions économiques (…) s’inscrivent dans une stratégie plus large de transformation du régime politique au nom de la restauration démocratique ». Il évoque « un précédent lourd de conséquences pour la souveraineté des États et pour le principe de non-ingérence consacré par la Charte des Nations unies ».

Dans une analyse plus large des rivalités internationales, l’ancien député considère que « les décisions structurantes procèdent d’un noyau hégémonique centré sur les États-Unis », tandis que la Chine et la Russie contesteraient certaines prérogatives. Il soutient que l’ordre international actuel « se recompose en un système multipolaire fragmenté en sphères d’intérêts », mais que, malgré leurs rivalités, les grandes puissances « partagent une compréhension implicite selon laquelle le système doit perdurer et rester hiérarchisé ».

Concernant l’ONU, il affirme que l’organisation « fonctionne davantage comme un baromètre moral qu’un mécanisme coercitif capable de contraindre les puissances dominantes », en raison notamment du droit de veto au Conseil de sécurité.

Enfin, Hugues Célestin consacre une partie de son texte à Haïti, qu’il décrit comme « un exemple historique et stratégique d’effondrement méthodiquement entretenu ». Il estime que le pays est devenu « un terrain d’expérimentation de missions internationales successives » et parle d’« une dépendance co-gérée, négociée et entretenue par ceux qui en tirent profit », pointant à la fois les responsabilités externes et celles d’une élite locale.

« L’ordre mondial ne vacille pas sous le poids de ses contradictions, il s’en nourrit », écrit-il, ajoutant que « les promesses de stabilité et de démocratie demeureront de simples récits performatifs » tant que « la hiérarchie des puissances primera sur la dignité des peuples ».