HaïtiPolitique : Sonet Saint-Louis dénonce le silence des intellectuels face à la « grande déchéance »…

Sonet Saint-Louis, Avocat

PORT-AU-PRINCE, mercredi 26 novembre 2025 (RHINEWS) Me Sonet Saint-Louis, a publié mercredi une tribune dans laquelle il critique le silence des élites intellectuelles haïtiennes face à la crise politique et institutionnelle qui frappe le pays.

« Comment neuf corrompus au pouvoir, qui ont confisqué la nation, ont-ils pu obtenir le silence de l’élite intellectuelle haïtienne, répartie entre Haïti et la diaspora ? », s’interroge-t-il, dénonçant l’acceptation par certains secteurs de la société d’un « chaos qui risque de les emporter un bon matin ».

Me Saint-Louis estime que l’actuel Conseil présidentiel de transition (CPT), mis en place pour gérer la transition politique, illustre un « échec global dont le pays commence à sentir le poids des conséquences ». Il souligne que « la majorité des secteurs vitaux de la nation s’est trompée » en le choisissant et dénonce le manque d’expérience réelle de ceux qui gouvernent.

L’universitaire reproche également à certains intellectuels de ne pas respecter l’État de droit. « Le grand problème des élites haïtiennes, c’est qu’elles ne veulent pas de la loi. Le respect de notre Constitution et de nos lois ne dépend pas seulement de leur valeur intrinsèque, mais aussi de la volonté des gouvernants et des gouvernés de les respecter », affirme-t-il.

Concernant le gouvernement actuel dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, Me Saint-Louis le juge inefficace et moralement défaillant. « Le CPT, qui compte en son sein cinq inculpés pour corruption, détournement de fonds publics et soutien présumé aux gangs armés, ne peut pas continuer à se maintenir à la tête de l’État. C’est immoral ! », écrit-il.

Pour l’universitaire, la seule sortie viable est de préparer la fin de mission du CPT et d’ouvrir la voie à une nouvelle gouvernance crédible avant les échéances électorales prévues le 7 février 2026. « Mettons ensemble nos forces et unissons nos intelligences pour dégager le consensus qui nous éviterait l’ultime humiliation face à la faillite actuelle dont nous sommes les premiers responsables », insiste-t-il.

 Saint-Louis conclut en appelant à un sursaut national : « Relevons-nous, reprenons notre destin en main, et faisons du 7 février 2026 non pas la date d’un effondrement annoncé, mais celle d’un sursaut national ! Haïti n’attend que notre courage. À nous maintenant de répondre présent. »