Haïti – Viv Ansanm et Gran Grif désignés organisations terroriste : le CPT fragilisé par les révélations de Magalie Habitant sur Louis Gérald Gilles…

Dr. Louis Gerald Gilles, Conseiller-president...

PORT-AU-PRINCE, 13 mai 2025 (RHINEWS)– Alors que les États-Unis ont officiellement désigné les coalitions armées Viv Ansanm et Gran Grif comme des organisations terroristes, des révélations contenues dans un rapport de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) jettent une lumière crue sur de possibles connexions internes au Conseil Présidentiel de Transition (CPT) avec ces réseaux.

Dans un interrogatoire daté du 10 janvier 2025, Magalie Habitant, ancienne directrice du SNGRS et actuellement inculpée pour complicité avec plusieurs chefs de gangs, a affirmé que le militant politique assassiné Dickson Oreste lui avait confié, avant sa mort, avoir été envoyé par Louis Gérald Gilles, conseiller-président au sein du CPT, pour « rencontrer des membres de la coalition des gangs baptisée Viv Ansanm » .

Cette déclaration, versée au dossier judiciaire, prend une dimension plus grave encore dans le contexte de la nouvelle classification de Viv Ansanm comme organisation terroriste par les autorités américaines, à la suite de multiples massacres, assassinats ciblés, enlèvements et attaques armées perpétrés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Selon les Nations Unies, ces groupes contrôlent aujourd’hui plus de 85 % de la capitale haïtienne.

Face à ces révélations, une question centrale se pose : que doit faire le Conseil Présidentiel de Transition lorsqu’un de ses membres est indirectement cité dans des échanges avec un groupe terroriste ?

À ce jour, aucune déclaration publique du CPT n’a été enregistrée en réaction aux informations divulguées par la DCPJ. Mais l’opinion publique et plusieurs acteurs de la société civile appellent à une réaction immédiate. Un expert juridique ayant requis l’anonymat indique que : « Si les faits sont avérés, cela relèverait non seulement d’une faute politique grave, mais potentiellement d’une infraction pénale au regard des lois antiterroristes que le gouvernement haïtien devra tôt ou tard adopter en lien avec ses engagements internationaux. »

Pour certains observateurs, le CPT ne peut rester silencieux. « Il faut impérativement qu’une enquête administrative soit ouverte. Et si les soupçons se confirment, le membre concerné doit être suspendu et remis à la justice. La légitimité du Conseil en dépend », a déclaré Me Sonet Saint-Louis, constitutionnaliste, dans un entretien antérieur.

Les États-Unis, par la voix du secrétaire d’État Marco Rubio, ont récemment déclaré : « L’ère de l’impunité pour ceux qui soutiennent la violence en Haïti est révolue. » Cette déclaration prend un relief particulier à l’aune de ces révélations.

Alors que la population continue de subir les assauts meurtriers de Viv Ansanm et Gran Grif, ces nouvelles données remettent en cause la crédibilité d’un exécutif de transition déjà confronté à un profond déficit de confiance. Il appartient désormais au CPT de trancher entre silence complice et volonté réelle de restaurer l’État de droit.