PORT-AU-PRINCE, samedi 7 février 2026 (RHINEWS)- Quarante ans après la chute de Jean-Claude « Baby Doc » Duvalier, la Fondation Lorquet pour une Nouvelle Haïti (FOLONHA) dresse un constat sévère de l’évolution du pays et appelle à l’unité nationale, à la solidarité et à un engagement citoyen renouvelé pour sortir Haïti de l’impasse politique, économique et sociale.
Dans un communiqué publié à l’occasion de l’anniversaire du 7 février 1986, la fondation souligne que cet événement, perçu à l’époque comme « le début d’une véritable démocratie et de la justice sociale », n’a pas tenu ses promesses. Selon la FOLONHA, en 2026, Haïti demeure confronté à « l’instabilité politique, à la stagnation économique et à l’insécurité persistante », traduisant « l’héritage tragique de promesses non tenues ». Elle estime que, des régimes autoritaires aux gouvernements de transition, « chaque administration a peiné à établir des institutions durables capables de protéger les droits et le bien-être des citoyens ordinaires ».
La fondation revient également sur la mise en place du Conseil transitoire provisoire (CTP), censé ouvrir la voie à des élections crédibles et à une consolidation démocratique. Elle affirme que cette structure est devenue « un symbole supplémentaire de l’impasse politique chronique d’Haïti », marquée par « les luttes de pouvoir, les influences étrangères et une gouvernance fragile », qui ont contribué à la persistance de la pauvreté et de la violence. La FOLONHA ajoute que l’éducation, la santé et les infrastructures, déjà fragiles en 1986, « se sont encore détériorées, laissant des millions de personnes sans accès aux services de base ».
Selon la fondation, ces quatre décennies ont été pour la population haïtienne synonymes de « résilience et de lutte », mais aussi de « frustration et de déception ». Elle considère que le rêve d’« un Haïti stable, prospère et démocratique » reste largement inabouti, ce qui met en évidence « l’urgence de réformes institutionnelles, de responsabilité et d’un leadership inclusif ». Pour la FOLONHA, revenir sur la période 1986-2026 constitue « un appel à l’action », estimant que « l’avenir d’Haïti dépend de la rupture de ces cycles et de l’investissement dans les Haïtiens qui ont tant enduré ».
Dans sa conclusion, la fondation affirme que « tout n’est pas perdu pour Haïti » et que « l’avenir reste à écrire ». Elle appelle les citoyens à « changer de paradigme », à « mettre fin à la course à l’argent et aux divisions » et à faire place « à l’unité, à la solidarité et à un patriotisme véritable ». Selon elle, si les Haïtiens s’engagent « avec courage et responsabilité » à bâtir « une nouvelle société fondée sur la justice, l’éducation et le bien-être de tous », le pays pourra enfin réaliser les aspirations nourries depuis plusieurs décennies.

