Haïti : le Mouvement Mutation Haïti propose dix principes directeurs pour encadrer la transition politique…

Le drapeau haitien...

FORT-LIBERTÉ, lundi 2 février  2026 (RHINEWS)- Le Mouvement Mutation Haïti (MMH) a rendu public, vendredi, un document intitulé « Les dix commandements de la transition politique », dans lequel il définit les principes qu’il juge indispensables à la réussite d’une transition politique en Haïti, dans un contexte de crise institutionnelle, sécuritaire et socioéconomique profonde  .

Dans ce texte, le MMH dresse un constat sévère de la situation nationale, évoquant des « institutions républicaines dysfonctionnelles », une « économie dévastée », une « société en agonie » et un effondrement de la sécurité « menaçant la survie nationale et sapant les fondements de l’État »  . Le mouvement estime que cette crise s’accompagne d’une érosion de la souveraineté et d’un empêchement matériel de l’ordre constitutionnel.

Face à cette situation, le MMH appelle à une transition fondée sur les normes de bonne gouvernance, la transparence, la participation citoyenne et la reddition de comptes, tout en reconnaissant que la Constitution demeure en vigueur, bien que certaines de ses dispositions soient actuellement inapplicables  . Le document plaide pour l’adoption d’un consensus politique extraconstitutionnel, écrit et public, afin de mettre fin à ce qu’il qualifie de « spirale des accords abusifs au détriment de la Constitution ».

Parmi les principes avancés figure la nécessité d’un accord inclusif définissant les grandes orientations de la transition, limité dans le temps, contrôlé et destiné à garantir la continuité de l’État et le retour progressif à l’ordre constitutionnel. « Aucun pouvoir n’est légitime sans base populaire constatée », souligne le texte, insistant sur une légitimité reposant à la fois sur le consensus populaire, l’engagement politique et une reconnaissance internationale  .

Le MMH précise que la mission de la transition doit se limiter à quatre priorités : l’établissement de la sécurité, la mise en place d’une justice transitionnelle fondée sur la vérité et la réparation, l’organisation d’élections et la continuité des services publics. Il insiste également sur l’ouverture d’un processus de reddition de comptes visant les anciens dirigeants, ainsi que les nouveaux acteurs de la transition, afin de rompre avec « le cycle de l’impunité et de l’arbitraire »  .

Le document propose en outre une architecture institutionnelle de transition composée d’un président provisoire, d’un gouvernement de transition et d’un organe national de contrôle de l’exécutif, chargé de surveiller l’action gouvernementale, de publier mensuellement ses actes et de statuer sur les questions litigieuses. Les décisions de cet organe devraient être rendues publiques et susceptibles de recours devant la Cour des comptes et du contentieux administratif dans un délai maximal de quinze jours  .

Le MMH préconise également une transparence accrue dans la gestion des affaires publiques, exigeant la publication préalable des projets, budgets et contrats gouvernementaux, ainsi que le droit pour tout citoyen d’accéder à l’information publique. Les critères de désignation des dirigeants de la transition devraient, selon le mouvement, reposer sur l’intégrité, la compétence, l’expérience et la capacité à restaurer la confiance et la sécurité  .

Le document souligne  que les acteurs de la transition ne devront pas être candidats aux prochaines élections ni bénéficier d’une prorogation de mandat, avertissant qu’« une transition sans échéance respectée devient un régime de fait autoritaire »  .