PORT-AU-PRINCE, mercredi 6 août 2025 (RHINEWS)- Le président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, se désolidarise officiellement d’une note publiée par le bureau de communication de la Présidence relative au dossier controversé de la compagnie Caribbean Port Services (CPS). Dans un communiqué diffusé ce mercredi par son propre bureau de communication, M. Jean dénonce une publication faite « sans son aval » et « malgré ses objections ».
Selon le chef de l’exécutif transitoire, cette note accorde un appui inconditionnel à un contrat de bail de 27 ans accordé à CPS, alors qu’une analyse approfondie par les plus hautes instances administratives du pays aurait dû être requise. « Le dossier CPS devrait faire l’objet d’une analyse par les plus hautes autorités administratives du pays dans le but de produire des opinions clairement consignées dans un avis juridico-légal dûment cautionné par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) », affirme le communiqué.
Fritz Alphonse Jean affirme que la publication de cette note n’a été rendue possible que sous la contrainte. Il révèle avoir été informé de « pressions exercées par des membres du CPT auprès du Secrétariat général de la Présidence pour procéder à la révocation d’un cadre du bureau de communication qui avait refusé de publier ladite note sans son autorisation ». Il qualifie ces méthodes de « menaces de révocation » et les condamne fermement.
« Le Président du CPT dénonce ce genre d’agissement de façon très ferme et proteste énergiquement contre le fait que l’on veuille l’associer à de telles manœuvres », peut-on lire dans le texte, qui insiste sur la nécessité de clarté dans la gestion du dossier CPS.
Au cœur du différend : la prolongation du bail accordé à Caribbean Port Services, passé de neuf à vingt-sept ans. Pour le président du CPT, une telle décision ne saurait se justifier sans un avis légal formel. « Sans cet avis, des soupçons de corruption peuvent ternir encore plus la crédibilité du CPT », prévient-il. Il ajoute qu’il ne reconnaît pas au Conseil Présidentiel de Transition la compétence pour produire un tel avis, même si certains de ses membres ont cité des « dispositions légales » pour légitimer la démarche.
Dans ce contexte, M. Jean réitère sa demande au Premier ministre de répondre aux questions formulées dans une correspondance officielle en date du 9 juillet 2025, et référencée dans la note controversée. « La publication de cette note ne saurait le dispenser de l’obligation de fournir au CPT les explications demandées », insiste-t-il.
M. Jean président du CPT rappelle que ce conflit survient dans un contexte national particulièrement délicat. Alors que le pays fait face à une crise sécuritaire aiguë, il souligne l’importance de reconstruire un rapport de confiance entre l’État et le secteur privé. « Il exhorte tous les membres de ce secteur à accepter et à emprunter le chemin de la transparence pour la création de richesse », ajoute-t-il, appelant à la construction d’un État équitable, moteur d’un « développement socioéconomique équilibré et équitable ».

