Haiti-Élections: Me Jennifer Surfin estime que les remises en cause du décret électoral pourraient retarder le retour à l’ordre constitutionnel…

Me Jennifer Surfin, Avocate….

TROU-DU-NORD, lundi 6 juillet 2026 (RHINEWS)– L’avocate Me Jennifer Surfin soutient que les contestations visant le décret électoral pourraient compromettre la tenue des prochaines élections et favoriser une nouvelle prolongation de la transition politique en Haïti. Dans un texte d’analyse intitulé « L’éternel retour de la transition : la stratégie du chaos électoral », elle avance que les remises en cause du cadre juridique ne traduiraient pas nécessairement une volonté d’améliorer le processus électoral, mais pourraient répondre à une logique d’obstruction institutionnelle.

Selon Me Surfin, la multiplication des critiques contre le décret électoral intervient à un moment où le calendrier constitue un facteur déterminant pour l’organisation des scrutins. Elle estime que « remettre en cause les règles du jeu à quelques mois seulement des élections risque de rendre leur organisation matérielle extrêmement difficile dans les délais annoncés ». À ses yeux, cette situation pourrait conduire à un nouveau vide institutionnel susceptible de justifier une nouvelle prolongation de la transition.

L’auteure considère que cette dynamique s’inscrirait dans un schéma plus large où la transition tendrait à devenir un mode de gouvernance plutôt qu’une étape temporaire. « En l’absence d’institutions élues, le pouvoir se négocie à travers des consensus provisoires, des accords politiques successifs et des coalitions de circonstance », écrit-elle, estimant que les prolongations successives de la transition favoriseraient une redistribution des responsabilités gouvernementales et administratives en dehors de tout contrôle parlementaire.

Me Surfin affirme également que l’absence d’élections régulières soulève des questions relatives à la reddition de comptes. Selon elle, « une transition qui se prolonge permet à ses dirigeants d’exercer le pouvoir sans être soumis au jugement périodique des électeurs », une situation qui, d’après son analyse, affaiblirait les mécanismes de responsabilité démocratique.

Dans son texte, l’avocate s’interroge aussi sur l’état des partis politiques haïtiens. Elle estime qu’une partie d’entre eux ne disposerait ni d’un véritable ancrage territorial, ni d’une base militante suffisamment solide pour affronter une compétition électorale. « Des élections libres et compétitives risqueraient de mettre en évidence leur faible représentativité et leur manque d’appui populaire », soutient-elle.

L’analyse avance également que certains acteurs politiques privilégieraient les négociations politiques aux campagnes électorales. Me Surfin écrit que « leur influence reposerait davantage sur leur capacité à peser dans les rapports de force que sur une légitimité électorale », une approche qui, selon elle, contribuerait à maintenir un système de gouvernance transitoire.

En conclusion, l’avocate estime que les contestations du décret électoral relèveraient moins d’un débat sur l’amélioration du processus démocratique que d’une stratégie politique visant à préserver certains intérêts. « La transition devient un mode durable de gouvernance, substituant au verdict souverain des urnes la prolongation d’un système fondé sur le partage des leviers de l’État », conclut-elle.

Les analyses de Me Jennifer Surfin interviennent alors que les débats autour du cadre juridique des prochaines élections demeurent au cœur des discussions entre les autorités de transition, les acteurs politiques et les organisations de la société civile. La question du respect du calendrier électoral reste l’un des principaux enjeux de la transition politique en cours, les autorités ayant réaffirmé à plusieurs reprises leur volonté d’organiser des élections afin de rétablir des institutions élues.