Haïti : Albert Ramdin présente jeudi au Conseil permanent de l’OEA son rapport sur sa visite à Port-au-Prince…

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WASHINGTON, jeudi 2 septembre 2026 (RHINEWS)– Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, doit présenter jeudi au Conseil permanent de l’organisation son rapport sur la visite officielle qu’il a effectuée en Haïti du 16 au 19 août, à la tête d’une délégation interaméricaine et internationale de haut niveau.

Le rapport de M. Ramdin constitue le troisième point à l’ordre du jour de la session ordinaire du Conseil permanent prévue jeudi 3 septembre. La séance doit être retransmise en direct par l’OEA, avec une interprétation en espagnol, anglais, français et portugais.

Cette présentation intervient un peu plus de deux semaines après une mission qui avait réuni, autour du secrétaire général de l’OEA, la secrétaire générale de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), Carla Barnett, ainsi que des représentants des Nations unies, de l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS), de la Banque mondiale, de la Banque interaméricaine de développement (BID), de la Banque de développement de l’Amérique latine et des Caraïbes (CAF), du Conseil interaméricain de défense et du Collège interaméricain de défense.

Au cours de cette visite, Albert Ramdin avait notamment rencontré le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la ministre des Affaires étrangères et des Cultes Raina Forbin, d’autres responsables gouvernementaux, le Conseil électoral provisoire (CEP), la Police nationale d’Haïti (PNH) ainsi que des responsables internationaux engagés dans la réponse sécuritaire. La délégation avait également visité le quartier général de la Force de répression des gangs (GSF) et rencontré des responsables des Nations unies et de cette force.

Les discussions avec le gouvernement haïtien avaient porté principalement sur la sécurité, le processus électoral, la gouvernance, les besoins humanitaires et les perspectives de développement. Lors de la rencontre avec le Premier ministre, les échanges avaient notamment concerné le rétablissement de la sécurité et les préparatifs des prochaines élections.

À l’issue de sa mission, M. Ramdin avait déclaré que la délégation repartait avec « une meilleure compréhension des priorités et des besoins d’Haïti » et conclu que le travail devait être accéléré autour de deux priorités « immédiates et interdépendantes » : la sécurité et les élections.

Sur le plan sécuritaire, la délégation avait exprimé son soutien au renouvellement du mandat de la GSF auprès des Nations unies, tout en appelant les États membres de l’OEA et les autres partenaires internationaux à accélérer la fourniture des personnels, équipements et ressources financières déjà promis. M. Ramdin avait estimé que le renouvellement du mandat ne suffirait pas à lui seul et avait appelé à des résultats « visibles et mesurables » dans les meilleurs délais.

Parmi les objectifs immédiats identifiés figuraient la réduction du contrôle territorial exercé par les gangs armés, la sécurisation de la principale voie d’accès à l’aéroport international, le maintien d’un accès sécurisé à l’aéroport et au port ainsi que le rétablissement d’un accès sûr vers le sud du pays. Les échanges avec la direction de la GSF avaient également porté sur les besoins de la force en personnels, financement, soutien logistique et capacités opérationnelles.

La question électorale avait occupé une place centrale dans les discussions. La délégation avait reconnu le travail engagé par le CEP, l’Office national d’identification (ONI) et le gouvernement en vue des élections prévues le 13 décembre. Elle avait toutefois estimé que le calendrier électoral nécessitait une accélération des préparatifs, notamment en matière d’enregistrement et d’identification des citoyens, d’information du public et de mobilisation des électeurs.

Albert Ramdin avait également souligné la nécessité de garantir la crédibilité des règles applicables aux candidatures et leur application uniforme. Selon lui, les éventuelles préoccupations concernant l’éligibilité de candidats ou leurs liens présumés avec des activités illicites doivent être traitées de manière transparente, conformément au droit haïtien et aux bonnes pratiques électorales internationales. L’OEA devait, par ailleurs, poursuivre son évaluation de l’environnement sécuritaire et des préparatifs électoraux, deux dimensions que le secrétaire général juge indissociables.

La mission avait également débouché sur plusieurs accords et engagements. Haïti a formalisé son adhésion à la CAF, opération facilitée par l’OEA, tandis qu’un accord de coopération de trois millions de dollars a été signé avec le Japon pour renforcer l’identification civile, notamment avec l’acquisition de 350.000 cartes d’identification biométriques, l’extension des services mobiles d’enregistrement et une meilleure coordination entre l’ONI et le CEP.

Un autre accord a été conclu avec l’organisation non gouvernementale brésilienne Viva Rio afin de renforcer la cohésion sociale et d’élargir les possibilités offertes aux jeunes et aux femmes affectés par les violences. L’OEA a également annoncé la préparation d’une mission réunissant des représentants du secteur privé afin d’examiner des projets d’investissement susceptibles de créer des emplois et des perspectives économiques en Haïti.

Sur le volet sanitaire, la délégation avait insisté sur le caractère multidimensionnel de la crise haïtienne et sur le rôle de l’OPS dans la lutte contre les épidémies, l’appui aux populations déplacées et la prise en charge des traumatismes. L’OEA, l’OPS et d’autres partenaires se sont engagés à travailler avec la PNH à la construction de centres de traumatologie destinés notamment aux policiers blessés.

À l’issue de la mission, Albert Ramdin avait résumé l’enjeu en appelant à « accélérer le soutien à la sécurité, intensifier les préparatifs électoraux, honorer les engagements déjà pris » et faire en sorte que la coopération internationale produise des résultats perceptibles par la population haïtienne.

La présentation de jeudi devant le Conseil permanent doit ainsi permettre au secrétaire général de rendre compte des constats effectués durant sa mission et d’indiquer les domaines dans lesquels une action internationale accrue est jugée nécessaire. L’OEA avait annoncé que le rapport devait notamment servir à poursuivre la mobilisation politique, technique et financière en faveur d’Haïti.