Guerre Israël–États-Unis contre l’Iran : plusieurs États appellent à la désescalade et rejettent toute option militaire…

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NEW YORK, lundi 23 juin 2025 (RHINEWS)– Alors que les tensions militaires s’intensifient au Moyen-Orient après les frappes menées conjointement par les États-Unis et Israël sur des sites stratégiques en Iran, une série de puissances mondiales et d’États régionaux s’élèvent contre une escalade militaire et plaident en faveur de solutions diplomatiques immédiates.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares Bueno, a annoncé lundi son intention de demander à l’Union européenne de suspendre l’accord d’association avec Israël et de décréter un embargo sur les armes à destination de ce pays. « L’Europe doit faire preuve de courage. Le temps des mots et des déclarations est révolu.

Nous avons déjà trop attendu », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Madrid. Pour le chef de la diplomatie espagnole, « ce que je vais demander à l’Union européenne, ce sont des mesures concrètes pour que la diplomatie – et non la guerre – devienne la priorité. Qu’il s’agisse du dossier nucléaire iranien ou des opérations militaires israéliennes, tout doit être réglé par la négociation ». Insistant sur les risques d’embrasement régional, il a ajouté : « Tout est lié : Gaza, la Cisjordanie, le Liban, la Syrie, l’Iran. Toute la région est interconnectée ». L’accord d’association UE-Israël, en vigueur depuis 2000, couvre des domaines tels que le dialogue politique, les échanges commerciaux et la coopération scientifique. Sa suspension représenterait un changement radical dans les relations euro-israéliennes. Cette déclaration s’inscrit dans une dynamique plus large adoptée par l’Espagne depuis le 7 octobre 2024.

En début de mois, le ministère espagnol de la Défense a annulé la licence d’exportation de l’entreprise israélienne Rafael, interrompant ainsi un contrat de 287,5 millions d’euros portant sur environ 1 700 missiles antichars. La municipalité de Barcelone avait déjà suspendu son jumelage avec Tel-Aviv en invoquant « les souffrances et les pertes humaines à Gaza au cours des 18 derniers mois », estimant que « la poursuite de cette relation est devenue insoutenable ».

Au niveau multilatéral, l’Organisation des Nations unies a lancé un appel urgent à la retenue et à la désescalade, mettant en garde contre un effondrement total de la stabilité régionale si la voie militaire continuait d’être privilégiée. Le secrétaire général António Guterres a insisté sur « la nécessité absolue de relancer les mécanismes de dialogue », appelant tous les acteurs à respecter le droit international et à protéger les civils. De son côté, l’Union européenne a exprimé sa « profonde inquiétude » face aux frappes et aux risques d’extension du conflit, tout en soulignant l’importance de revenir à la table des négociations sur les dossiers iranien et israélo-palestinien.

Plusieurs alliés européens traditionnels des États-Unis, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, se sont démarqués de l’option militaire. À Paris, le président Emmanuel Macron a réaffirmé que « la seule voie viable est celle du dialogue politique ». La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a exhorté à une « retenue maximale », tandis que Londres a averti que « toute action susceptible d’amplifier le conflit risque de provoquer une conflagration régionale aux conséquences incalculables ».

La Russie, par la voix du président Vladimir Poutine, a condamné ce qu’il a qualifié d’« attaque injustifiée » contre un État souverain. Selon le Kremlin, ces frappes compromettent tout espoir de stabilisation et alimentent un cycle de représailles incontrôlable. Pékin a exprimé une position similaire. La diplomatie chinoise a dénoncé une action « contraire aux principes fondamentaux de la Charte des Nations unies » et appelé à « une solution politique globale, fondée sur la négociation, le respect mutuel et la souveraineté des États ».

Dans la région du Golfe, des pays comme l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït ont exprimé leur opposition à toute attaque contre l’Iran et ont catégoriquement refusé l’utilisation de leur territoire ou espace aérien à des fins militaires. « Nous ne voulons pas que nos pays deviennent des théâtres secondaires d’un conflit qui ne peut qu’aggraver les tensions régionales », a déclaré un diplomate du Golfe sous couvert d’anonymat.

Plus au sud, le Pakistan a également condamné les frappes, insistant sur le fait qu’elles « constituent une violation du droit international et risquent de déclencher une guerre généralisée ». Le Sultanat d’Oman a, lui aussi, appelé à un cessez-le-feu immédiat, plaidant pour la reprise du dialogue régional.

Dans les Amériques, des pays comme le Mexique, le Chili et Cuba ont exprimé leur vive préoccupation. Le président chilien Gabriel Boric a qualifié les attaques de « dangereuses et irresponsables », ajoutant que « seule la diplomatie peut éviter une catastrophe humanitaire ».

Alors que les frappes contre l’Iran ont déclenché une onde de choc diplomatique, les appels à la désescalade se multiplient à travers le monde. Rares sont les soutiens publics à l’opération américano-israélienne, tandis que la majorité des capitales réclament une solution négociée pour désamorcer une crise régionale d’ampleur inédite depuis deux décennies.