États-Unis — USCIS crée des « agents spéciaux » dotés de pouvoirs policiers (arrestations, armes, mandats) à partir d’octobre 2025…

Vue partielle du batiment logeant le departement de la securite interieure des EtatsUnis (DHS)...

MIAMI, mercredi 15 octobre 2025 (RHINEWS) —

L’administration américaine a officialisé un tournant majeur de la politique migratoire : U.S. Citizenship and Immigration Services (USCIS), historiquement chargée d’instruire les demandes de titres et prestations, pourra recruter et former des « agents spéciaux » investis de pleins pouvoirs de police fédérale — port d’armes, arrestations, exécution de mandats de perquisition et d’arrêt, et présentation de suspects aux procureurs. Cette évolution découle d’une règle finale du Department of Homeland Security (DHS) publiée au Federal Register le 5 septembre 2025, prenant effet 30 jours plus tard.

Selon le DHS et l’USCIS, la mesure codifie en droit des délégations déjà accordées au directeur de l’USCIS, et vise à « renforcer l’intégrité du système » en permettant à l’agence d’enquêter bout-à-bout sur les fraudes aux prestations (faux documents, mariages de complaisance, usurpations d’identité) sans devoir systématiquement passer par ICE ou CBP. Les nouveaux agents suivront une formation fédérale et opéreront sous les mêmes protocoles légaux que les autres forces de l’ordre du gouvernement.

Concrètement, la règle modifie des parties du Titre 8 du Code of Federal Regulations pour autoriser des personnels désignés de l’USCIS à enquêter sur des violations civiles et pénales des lois de l’immigration, à procéder à des arrestations, à utiliser des niveaux de force autorisés, à exécuter des mandats de perquisition et d’arrêt — y compris pour certaines infractions non strictement migratoires —, et à ordonner, dans des cas limités, des expulsions accélérées. « L’USCIS pourra désormais initier, mener et boucler des enquêtes, puis saisir les autorités de poursuite », résume un mémo de présentation.

Le directeur de l’USCIS, Joseph B. Edlow, a défendu une approche ciblée : il ne s’agit pas d’un « bond des arrestations sur le terrain », mais d’un « multiplicateur de force » contre les schémas sophistiqués de fraude et la criminalité organisée liés aux procédures d’immigration, a-t-il expliqué en présentant la réforme.

Des garde-fous sont annoncés. Seuls des agents dûment formés pourront être armés et recourir à la force ; des protocoles de coordination USCIS-ICE doivent éviter les enquêtes en doublon et circonscrire l’action de l’USCIS aux dossiers nés des demandes d’avantages migratoires. « L’objectif demeure la lutte contre la fraude et la protection de la sécurité nationale, avec supervision et coordination inter-agences », assure la communication officielle.

Cette extension de périmètre suscite déjà des réactions contrastées. Le Washington Postsouligne que l’USCIS, « l’agence qui gère les cartes vertes », recrutera des agents armés avec pouvoirs d’arrestation, une redéfinition de son rôle traditionnel qui inquiète des associations d’avocats de l’immigration, lesquelles redoutent un effet dissuasif sur les demandeurs honnêtes.

Calendrier et portée. Publiée le 5 septembre, la règle entre en vigueur début octobre (le DHS et plusieurs cabinets évoquent une application effective les 5–6 octobre 2025, selon les communications), avec un déploiement progressif du corps d’« agents spéciaux ». Les critères d’éligibilité des demandeurs ordinaires (naturalisation, carte verte, etc.) ne changent pas ; en revanche, l’examen des dossiers sera plus serré sur tout indice de fraude ou de fausse déclaration.

En pratique, les employeurs (parrainages, conformité I-9) et les requérants pourraient faire l’objet d’investigations plus directes de l’USCIS en cas de soupçon de manquement — « une évolution qui promet des traitements plus rapides, et potentiellement plus stricts, des dossiers litigieux », préviennent des analyses spécialisées. L’agence insiste, pour sa part, sur « l’intégrité du système » plutôt que sur des « rafles » à grande échelle.

Pour la communauté migrante et les praticiens, la recommandation immédiate reste inchangée : veiller à l’exactitude des informations et pièces soumises, et se tenir informés des mises à jour réglementaires à mesure que l’USCIS met en place ses unités d’enquête internes.

Cette nouvelle disposition devrait être effective depuis le 5 octobre dernier.