États-Unis : “Trump annonce un laissez-passer temporaire pour les travailleurs migrants agricoles et hôteliers malgré sa politique de déportations massives”…

Donald Trump, President des EtatsUnis...

WASHINGTON, dimanche 29 juin 2025 (RHINEWS)— Le président Donald Trump a déclaré ce dimanche qu’un « laissez-passer temporaire »serait mis en place pour les travailleurs migrants employés dans les fermes et l’industrie hôtelière, afin de permettre aux employeurs d’avoir davantage de contrôle sur leur main-d’œuvre, tout en maintenant la politique de déportations massives engagée par son administration.

Intervenu lors de l’émission Sunday Morning Futures sur la chaîne Fox News, Trump a défendu cette mesure en affirmant qu’elle répondait aux préoccupations exprimées par les secteurs agricoles et hôteliers, durement touchés par les opérations d’expulsions. « Je ne recule pas », a-t-il affirmé. « Mais j’aime nos agriculteurs. Et quand on va dans une ferme et qu’on arrête des gens qui y travaillent depuis 15 ou 20 ans, des gens bien, qui sont peut-être venus de façon irrégulière, on finit par détruire la ferme. Le fermier devrait pouvoir garder ses employés. Il sait qu’il ne va pas embaucher un meurtrier. »

Le président a expliqué que cette initiative consistera à accorder un statut temporaire autorisant les migrants à travailler, sous condition de déclaration fiscale et de responsabilité partagée avec l’employeur. « Nous allons faire quelque chose pour que les agriculteurs aient un peu plus de contrôle, au lieu qu’on vienne tout simplement leur retirer tout leur personnel », a-t-il ajouté.

Trump a également étendu cette mesure au secteur hôtelier, précisant : « Je suis le président le plus dur que ce pays ait jamais connu en matière d’immigration. Mais je suis aussi celui qui soutient le plus les agriculteurs, et cela inclut aussi les hôtels et d’autres endroits où certains groupes de travailleurs se trouvent. »

Ces déclarations interviennent dans un climat de flou autour de la politique migratoire actuelle. Plus tôt ce mois-ci, les représentants de l’industrie agricole et du tourisme avaient tiré la sonnette d’alarme concernant les effets dévastateurs des opérations de déportation sur les chaînes de production et les services. Une pause temporaire dans l’exécution de ces opérations avait été observée dans certaines zones, mais les signaux sont restés contradictoires.

Quelques jours après cette suspension, Tom Homan, haut responsable de la politique frontalière de l’administration, a déclaré à la presse que les opérations de contrôle sur les lieux de travail allaient se poursuivre, y compris dans les fermes et les hôtels, mais « selon des priorités » définies par les autorités.

Interrogé sur la confusion apparente, Trump a confirmé qu’il envisageait des mécanismes permettant aux « bons agriculteurs » de garantir eux-mêmes la régularité de leur main-d’œuvre. « Nous ne pouvons pas ruiner les fermes », a-t-il insisté.

Cette orientation, bien que partiellement modérée sur le plan économique, s’inscrit dans la continuité d’une politique migratoire stricte adoptée dès le premier mandat de Donald Trump. En 2017, son administration avait en effet annoncé la fin du programme de Statut de protection temporaire (TPS) pour plusieurs pays, dont Haïti, le Salvador, le Nicaragua et le Soudan, affectant des dizaines de milliers de personnes qui vivaient légalement aux États-Unis depuis parfois plusieurs décennies. Ces décisions, contestées en justice et temporairement suspendues, ont depuis été partiellement réactivées sous son second mandat.

Le « laissez-passer temporaire » promis par Trump pourrait ainsi représenter une brèche dans sa politique migratoire, dictée non par un changement d’orientation idéologique, mais par la pression exercée par des secteurs économiques clés sur lesquels repose une partie de la stabilité sociale et productive du pays.