WASHINGTON, vendredi 27 mars 2026 (RHINEWS)- La députée d’origine haïtienne, Sheila Cherfilus-McCormick, 47 ans, a été déclarée coupable de manquements financiers et d’autres violations par un panel bipartisan de la Commission de l’éthique de la Chambre des représentants des États-Unis à l’issue d’une audition houleuse qui a duré plusieurs heures. La commission décidera à la mi-avril des mesures disciplinaires appropriées, pouvant aller de l’amende à la censure, voire à l’expulsion.
Le comité a précisé dans un communiqué que 25 des 27 accusations portées contre la parlementaire avaient été « prouvées par des preuves claires et convaincantes ». Ces accusations comprennent 18 chefs de violations des règles de financement de campagne, cinq chefs de fausses déclarations financières, trois chefs de mauvaise utilisation de fonds officiels et un chef de « manque de franchise » envers la commission. Les charges portent notamment sur un trop-perçu gouvernemental de 5 millions de dollars versé à l’entreprise familiale de soins de santé de Cherfilus-McCormick, qui aurait été redirigé vers sa campagne électorale de 2022.
Rep. Greg Steube a indiqué qu’il prévoyait de forcer un vote pour l’expulsion de Cherfilus-McCormick dès que le processus de la commission sera terminé. La direction démocrate de la Chambre a estimé que cette mesure ne devrait pas être prise avant l’issue de son procès pénal, bien que certains membres se disent de plus en plus mal à l’aise avec la situation. Cherfilus-McCormick maintient quant à elle son innocence et plaide non coupable dans son affaire pénale liée au financement de campagne.
L’audition a été marquée par des tensions. William Barzee, l’avocat récemment engagé par Cherfilus-McCormick après le retrait de son précédent conseil, a affirmé ne pas avoir eu suffisamment de temps pour défendre correctement sa cliente. Il a argué que son témoignage était entravé par le procès pénal en cours et que cela pourrait compromettre un futur jury. Le président de la commission, Michael Guest, a rejeté cette requête, déclarant : « Pour que vous veniez ici prétendre que nous, la commission, essayons de piétiner les droits de votre cliente, je prends cela comme une offense. »
Barzee a soutenu que Cherfilus-McCormick n’était pas personnellement responsable des finances de sa campagne, citant un affidavit d’un collaborateur indiquant qu’elle « ne participait pas aux tâches administratives ou financières ». Il a affirmé que la rémunération de sa cliente par l’entreprise familiale Trinity Health Care Services était légitime et que les fonds publics avaient été mal alloués par la société elle-même. « Trinity a fait ce que font les entreprises lorsqu’elles reçoivent un afflux important d’argent … elles le distribuent souvent en profits à leurs propriétaires », a-t-il expliqué.
Pour la commission, cette défense a été jugée peu crédible. Brittney Pescatore, directrice des enquêtes de la commission, a souligné que Cherfilus-McCormick, qui « gagnait auparavant 86 000 dollars par an », a soudainement perçu des montants importants « pour des raisons qui ne sont pas justifiées ». Le membre principal du panel, Rep. Mark DeSaulnier, a estimé que les arguments de Barzee sur l’absence de trace écrite « mettaient à l’épreuve la crédibilité », tandis que Rep. Nathaniel Moran a qualifié les preuves présentées de « franchement offensantes ».

