LA HAVANE (Cuba), vendredi 20 mars 2026 (RHINEW)- Le département du Trésor américain a inscrit Cuba sur une liste de pays interdits de réception de pétrole russe, au moment où un tanker chargé de brut se dirigeait vers l’île, accentuant un peu plus la crise énergétique et humanitaire qui frappe le pays déjà soumis à un embargo américain depuis plusieurs décennies.
Selon des informations concordantes, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration de Donald Trump visant à empêcher toute livraison de carburant vers Cuba, y compris en provenance de pays tiers, sous peine de sanctions économiques ou tarifaires.
Cette décision intervient alors que La Havane traverse l’une des pires pénuries d’énergie de son histoire récente. Après l’arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien et mexicain sous pression américaine, l’île ne produit qu’environ 40 % de ses besoins énergétiques, provoquant des coupures d’électricité massives, parfois supérieures à dix heures par jour, et une paralysie partielle des services essentiels.
Les autorités cubaines dénoncent un « blocus énergétique » qui aggrave une situation déjà fragile. Selon plusieurs analyses, les restrictions américaines sur le pétrole ont entraîné des perturbations majeures dans les hôpitaux, l’approvisionnement en eau potable et la conservation des médicaments sensibles, accentuant les risques humanitaires.
Dans ce contexte, des cargaisons russes tentent de rejoindre l’île malgré les sanctions. Un tanker transportant environ 730 000 barils de brut est en route, tandis qu’un autre aurait déjà livré du diesel après avoir contourné les restrictions, signe des difficultés croissantes d’approvisionnement pour Cuba.
La pression américaine s’est intensifiée depuis janvier 2026, lorsque Washington a décidé de couper les flux de pétrole vers Cuba et de menacer de sanctions tout pays continuant à approvisionner l’île. Cette politique s’inscrit dans le prolongement de l’embargo en vigueur depuis les années 1960, mais marque un durcissement notable avec une dimension énergétique assumée.
Le président américain a multiplié les déclarations controversées sur le dossier cubain. « I can do anything I want », a-t-il affirmé récemment (« Je peux faire tout ce que je veux »), ajoutant qu’il aurait « the honor of taking Cuba in some form » (« l’honneur de prendre Cuba d’une manière ou d’une autre »).
Ces propos interviennent alors que l’île subit un effondrement partiel de son réseau électrique, des pénuries de carburant, ainsi que des perturbations dans l’alimentation, l’eau et les soins médicaux. Des dizaines de milliers d’interventions chirurgicales ont été annulées en raison du manque d’électricité et de ressources.
Dans les faits, même si Washington ne parle pas officiellement de « blocus naval », la combinaison de sanctions financières, de menaces contre les fournisseurs étrangers et de surveillance maritime dans la région a conduit à un quasi-isolement énergétique de Cuba.
Le commerce avec l’île s’est effondré, les entreprises internationales évitant désormais toute transaction susceptible d’entraîner des représailles américaines, ce qui a aggravé les pénuries de biens essentiels pour une population de plus de 11 millions d’habitants.
Face à cette situation, des initiatives internationales d’aide humanitaire se mettent en place, notamment en provenance d’Europe et d’Amérique latine, tandis que plusieurs voix dénoncent un « blocus illégal et barbare » et alertent sur une crise humanitaire majeure en cours.
Malgré des discussions diplomatiques évoquées entre Washington et La Havane, les perspectives d’un assouplissement rapide restent incertaines, alors que la stratégie américaine continue de viser une pression maximale sur les autorités cubaines.
Dans ce contexte, la tentative d’acheminement de النفط russe apparaît comme un enjeu crucial pour la survie énergétique immédiate de l’île, mais aussi comme un nouveau point de tension géopolitique entre les États-Unis et leurs rivaux internationaux.

