LA HAVANE (Cuba$, dimanche 22 mars 2026 (RHINEWS)- Le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernández de Cossío, a affirmé samedi que les forces armées de Cuba se préparent à « la possibilité d’une agression militaire » des États-Unis, jugeant qu’il serait « naïf » pour les dirigeants cubains d’ignorer un tel scénario dans le contexte international actuel.
Dans une interview accordée à l’émission Meet the Press de NBC News, le responsable a déclaré que l’armée cubaine est « toujours prête » et qu’elle se prépare actuellement à une éventuelle escalade, tout en exprimant l’espoir que ce conflit ne se produise pas et en affirmant n’y voir « aucune justification ».
Les tensions entre Washington et La Havane se sont intensifiées après une opération militaire américaine au Venezuela ayant conduit à la capture du président Nicolás Maduro, allié proche du gouvernement cubain. À la suite de cette opération, le président américain Donald Trump et le secrétaire d’État Marco Rubio ont évoqué la possibilité d’une intervention militaire à Cuba, Rubio déclarant que les autorités de La Havane auraient « de quoi s’inquiéter ».
Parallèlement, Washington a renforcé la pression économique sur l’île. En janvier, Donald Trump a signé un décret menaçant d’imposer des droits de douane aux pays exportant du pétrole vers Cuba. Selon les autorités cubaines, ces mesures ont aggravé une crise énergétique déjà sévère, marquée par des coupures d’électricité quotidiennes et l’effondrement du réseau électrique à plusieurs reprises au cours du mois.
Carlos Fernández de Cossío a attribué ces difficultés à ce qu’il qualifie de « boycott » américain, expliquant que les États-Unis exercent des pressions sur les pays susceptibles de fournir du carburant à Cuba. Il a décrit la situation comme « très grave », tout en affirmant que son gouvernement cherche activement des solutions et espère une reprise des approvisionnements, estimant que ces restrictions « ne peuvent pas durer éternellement ».
Dans ce contexte tendu, Donald Trump a récemment déclaré que Cuba « va tomber bientôt » et que ses dirigeants souhaitent conclure un accord, allant jusqu’à affirmer qu’il aurait « l’honneur » de prendre le contrôle du pays. En réponse, le vice-ministre cubain a insisté sur le fait que Cuba est un État souverain et qu’elle entend le rester, tout en reconnaissant que des discussions sont en cours entre les deux pays afin d’éviter une confrontation militaire, comme l’a également évoqué le président cubain Miguel Díaz-Canel.
Enfin, le responsable cubain a rejeté toute possibilité de négociation sur un changement de régime, affirmant que « la nature, la structure et les membres du gouvernement cubain ne font pas partie des discussions ». Interrogé sur une éventuelle ouverture au multipartisme, il a qualifié cette question d’affaire interne, critiquant au passage le système politique américain, qu’il a décrit comme limité à deux partis dominants, et estimant que les États-Unis ne négocieraient pas eux-mêmes une telle réforme avec un autre pays.

