BRASILIA, dimanche 25 octobre 2026 (RHINEWS) – Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans, a remporté dimanche un quatrième mandat présidentiel à l’issue d’un second tour particulièrement serré face au sénateur Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien chef de l’État Jair Bolsonaro, selon les résultats quasi définitifs rapportés par le Financial Times.
D’après les chiffres publiés alors que la quasi-totalité des bulletins avaient été dépouillés, Lula, figure historique de la gauche brésilienne, a recueilli 51,76 % des suffrages, contre 48,24 % pour son adversaire, âgé de 45 ans. L’écart entre les deux candidats s’établissait ainsi à 3,52 points de pourcentage.
Cette victoire intervient après un premier tour au cours duquel Flávio Bolsonaro avait devancé Lula de près de deux points.
Plusieurs enquêtes d’opinion avaient ensuite accordé une légère avance au sénateur, laissant entrevoir une compétition particulièrement disputée dans la première puissance économique d’Amérique latine.
Lula, qui avait déjà dirigé le Brésil de 2003 à 2010 avant de revenir au pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle de 2022, obtient ainsi un quatrième mandat, dans un contexte de fortes divisions politiques entre la gauche et la droite conservatrice.
Le scrutin de dimanche a toutefois été marqué par une controverse concernant les conditions de vote. Un juge de la Cour suprême a ordonné une prolongation de deux heures des opérations électorales, alors que les bureaux de vote devaient normalement fermer.
Cette décision est intervenue à la suite de plaintes déposées par la coalition de Lula, qui avait signalé des difficultés de transport public dans plusieurs États. Ces perturbations auraient compliqué les déplacements de nombreux électeurs dépendant des transports collectifs pour rejoindre leurs bureaux de vote.
La prolongation des opérations électorales a suscité des interrogations sur le déroulement du scrutin. Les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’établir si ces difficultés ont eu une incidence sur le résultat final.
Selon les résultats communiqués par le Tribunal supérieur électoral (TSE), cette élection constitue un précédent dans l’histoire politique récente du Brésil : depuis l’instauration du système électoral actuel en 1989, aucun candidat arrivé deuxième au premier tour n’avait réussi à remporter le second.
Sur le plan politique, la réélection de Lula intervient dans un contexte de divergences avec l’administration du président américain Donald Trump. Selon plusieurs analyses, elle pourrait compliquer les efforts de Washington visant à renforcer ses relations avec les gouvernements conservateurs d’Amérique latine.
Durant la campagne, Lula a notamment défendu des mesures d’allègement de l’endettement des ménages, des aides financières aux étudiants défavorisés et la gratuité des transports publics pendant les week-ends. Flávio Bolsonaro a, pour sa part, proposé des réductions fiscales, une diminution des dépenses publiques et un renforcement de la lutte contre la criminalité organisée.
Le sénateur avait également promis d’œuvrer à la libération de son père, Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour son implication dans une tentative de coup d’État après sa défaite à l’élection présidentielle de 2022 face à Lula.
Malgré sa victoire, le président réélu devra composer avec un Congrès largement dominé par les forces conservatrices, susceptible de limiter sa marge de manœuvre législative. La dette publique, les tensions budgétaires, le coût de la vie et les relations avec les États-Unis figurent également parmi les principaux dossiers de son prochain mandat, dont le début est prévu le 5 janvier 2027.

