NEW YORK, mercredi 24 septembre 2025 (RHINEWS) – Les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays du continent américain se sont réunis mardi 23 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, afin de mobiliser un appui accru en faveur d’Haïti, plongée dans une crise politique, sécuritaire, humanitaire et des droits humains qui ne cesse de s’aggraver.
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) s’est dit mercredi « profondément choqué » par la mort de dix enfants en dix jours à Port-au-Prince. Samedi soir, au moins six enfants et plusieurs adultes ont été tués lors d’une frappe de drone dans le quartier Simon Pelé, tandis que quatre autres enfants avaient perdu la vie quelques jours plus tôt dans une attaque armée à leur domicile. Ces drames surviennent alors que des gangs armés contrôlent une grande partie du territoire. Plus de six millions de personnes ont aujourd’hui besoin d’une aide d’urgence et 1,4 million d’entre elles, principalement des femmes et des enfants, ont dû fuir leur foyer. Les meurtres, kidnappings et violences sexuelles se sont considérablement intensifiés.
La réunion, convoquée par le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) à l’initiative de son groupe consultatif sur Haïti, présidé par l’ambassadeur canadien Bob Rae, a coïncidé avec la reprise prochaine au Conseil de sécurité des discussions autour d’une proposition du Secrétaire général visant à créer un nouveau bureau d’appui de l’ONU en Haïti. « Ce n’est pas un problème théorique. C’est un problème qui affecte la vie quotidienne des gens », a insisté M. Rae en soulignant l’urgence de réponses concrètes.
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a annoncé à cette occasion une nouvelle contribution de 40 millions de dollars à la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) dirigée par le Kenya, déjà déployée pour épauler la Police nationale haïtienne face aux gangs. Elle a précisé que le Canada ajoutera 20 millions de dollars supplémentaires pour renforcer la sécurité maritime dans les Caraïbes. « Nous sommes déterminés à assurer le succès de la MSS et comptons sur les autres partenaires pour accroître aussi leur soutien, car la résolution actuelle prévoit de multiplier par cinq ses effectifs, son financement et son équipement », a-t-elle déclaré.
De son côté, le ministre haïtien des Affaires étrangères, Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, a affirmé que la situation « est comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes ». Il a mis en avant les priorités de son gouvernement, notamment « rétablir la paix sociale pour que la population puisse voter en toute sécurité » et lancer des programmes économiques et sociaux pour réduire l’influence des gangs. « Malgré les défis en matière de sécurité, des progrès ont été réalisés. Nous avons montré que nous pouvons utiliser votre aide de manière efficace. Nous avons maintenant besoin d’un soutien supplémentaire pour mener à bien cet effort », a-t-il insisté.
Dans un message vidéo, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, a rappelé que la sécurité seule ne suffira pas à sortir Haïti du cycle de crise. « La stabilité ne viendra que si la sécurité s’accompagne d’un processus politique, d’élections crédibles et d’une reprise économique », a-t-elle affirmé. Elle a appelé à « un financement audacieux, combinant le soutien des donateurs et des investissements » pour mettre directement des ressources « entre les mains du peuple haïtien ».
Le nouveau Représentant spécial de l’ONU pour Haïti, Carlos Massieu Ruiz, a exhorté les pays membres à agir rapidement. « La voie à suivre exige de la volonté politique, une vision, mais surtout de la détermination », a-t-il déclaré, appelant le Conseil de sécurité à donner suite de toute urgence aux propositions du Secrétaire général et à réaffirmer son engagement aux côtés d’Haïti.

