Escalade mondiale des conflits armés : Israël et l’Iran en guerre ouverte, des dizaines d’autres foyers oubliés aggravent une crise humanitaire sans précédent…

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GENEVE, mercredi 18 juin 2025 – (RHINEWS)- Alors que la guerre entre Israël et l’Iran est désormais déclarée, les conflits armés atteignent un niveau historique en 2025, tant par leur intensité que par leur nombre. Selon l’Institut d’études sur la paix de Stockholm (SIPRI) et les dernières données du HCR, pas moins de 61 conflits actifs secouent la planète, dont plus de dix d’intensité majeure, provoquant des centaines de milliers de morts, des déplacements massifs et des destructions colossales.

Au cœur de l’actualité, le conflit entre Israël et l’Iran a franchi une étape critique depuis le 13 juin dernier. Pour la première fois, Tel Aviv et Téhéran sont entrés dans une confrontation militaire directe, sans l’intermédiaire de groupes alliés ou de proxies. Le 13 juin, plus de 150 missiles balistiques et une centaine de drones iraniens ont visé Israël en représailles à des attaques  israéliennes de grande envergure contre des sites nucléaires présumés à Natanz et Fordow. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a affirmé dans une allocution que « les lignes rouges ont été franchies » et que « toute infrastructure militaire iranienne pouvant menacer Israël sera ciblée ». De son côté, le commandement iranien accuse Israël d’avoir « violé la souveraineté du peuple iranien » en attaquant des installations civiles et nucléaires sensibles.

Les conséquences humaines et matérielles de cette guerre nouvelle sont lourdes. Des bâtiments résidentiels à Tel Aviv et Kermanshah ont été détruits, tandis que des milliers de civils ont été déplacés des zones frontalières en Galilée et dans l’ouest iranien. Des frappes préventives ont touché également des alliés stratégiques : le Hezbollah au Liban Sud et les Houthis au Yémen ont annoncé leur mobilisation, ce qui risque d’élargir considérablement le front de guerre.

Au-delà du Proche-Orient, la planète est secouée par des foyers de violence extrême parfois largement ignorés par les médias internationaux. Le Soudan, en guerre civile ouverte depuis 2023, compte à lui seul plus de 15 000 morts et 9 millions de déplacés internes, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). En République Démocratique du Congo, les affrontements entre les FARDC et le M23 dans le Nord-Kivu continuent de provoquer exactions, viols et déplacements. La Région du Sahel est dévastée par une convergence du jihadisme armé, des coups d’État militaires et des crises climatiques, plaçant plus de 30 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë.

Des conflits moins visibles, comme ceux du Myanmar, des provinces anglophones du Cameroun, ou encore la guerre latente en Haïti, avec la mainmise de groupes armés sur Port-au-Prince, échappent à la médiatisation. « Il existe une hiérarchie de la visibilité des conflits selon l’intérêt géopolitique des grandes puissances », déplore un analyste de Crisis Group. « Les populations civiles qui subissent l’oubli en paient le prix le plus lourd. »

Les causes de cette montée de la violence sont multiples. À la rivalité géopolitique et militaire (comme entre Israël et l’Iran), s’ajoutent des facteurs économiques (rareté des ressources, pauvreté extrême), identitaires (tensions ethniques et religieuses), et environnementaux (sécheresse, perte de terres cultivables). Le changement climatique amplifie les vulnérabilités dans des zones comme la Corne de l’Afrique, le bassin du Niger ou l’Afghanistan rural.

Le coût financier de cette multiplication des conflits est vertigineux. En 2023, les dépenses militaires mondiales ont atteint un record absolu de 2 440 milliards de dollars, selon le SIPRI. L’Ukraine à elle seule a subi plus de 400 milliards de dollars de pertes en infrastructures, et les reconstructions en Syrie et à Gaza restent évaluées à plusieurs centaines de milliards, sans financement international adéquat. À Gaza, selon les Nations unies, 70 % des infrastructures civiles ont été détruites depuis le début de l’offensive israélienne en octobre 2023.

Pendant ce temps, les financements humanitaires restent dramatiquement insuffisants. L’appel de fonds 2024 de l’OCHA pour les crises en cours n’a reçu que 56 % des contributions nécessaires. « Nous faisons face à une situation où les besoins dépassent largement la capacité de réponse du système international », avertit Martin Griffiths, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires.

Face à cette spirale de la violence, les appels à la réforme des instances multilatérales (ONU, Conseil de sécurité, Banque mondiale) se multiplient, mais peinent à produire des résultats concrets. La nécessité d’une diplomatie préventive renforcée, d’une réponse climatique juste et d’un appui au développement local devient urgente pour éviter une nouvelle décennie de chaos mondial.