Journée internationale de l’éducation : en Haïti, un plaidoyer pour protéger l’école face à la violence…

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PORT-AU-PRINCE, samedi 24 janvier 2026 (RHINEWS)- À l’occasion de la Journée internationale de l’éducation, le Centre Muse Haïti (CEMUH), appelle les autorités et la société haïtienne à considérer l’éducation comme une urgence nationale, au même titre que la sécurité et l’aide humanitaire, dans un contexte marqué par la violence armée et les déplacements forcés.

Dans son plaidoyer intitulé « Jeunes, éducation et citoyenneté : co-construire l’avenir d’Haïti », l’organisation souligne que des milliers d’enfants et de jeunes se retrouvent privés d’école non par manque de volonté, mais en raison de l’insécurité. « En Haïti, des milliers d’enfants et de jeunes se réveillent chaque matin sans école, non pas par manque de volonté, mais parce que la violence les a forcés à fuir », indique le communiqué.

Le CEMUH rapporte des témoignages recueillis dans les camps de déplacés, où l’école est décrite à la fois comme une perte et un espoir. « Ce n’est pas moi qui ai quitté l’école, c’est l’insécurité qui m’a chassé », confie un adolescent. Une jeune fille ajoute : « J’ai perdu mes livres, mais je n’ai pas perdu l’envie d’apprendre ». Pour l’organisation, ces paroles rappellent que « l’école n’est pas un luxe », mais « un droit fondamental, un espace de protection, un rempart contre la violence ».

Selon le Centre Muse Haïti, l’occupation ou la fermeture de nombreuses écoles fragilise durablement les trajectoires de vie des enfants et des jeunes. Sans accès à l’éducation, ceux-ci seraient davantage exposés à « l’exploitation, la prostitution, la grossesse précoce, l’enrôlement par les gangs ou le décrochage définitif ». Les jeunes eux-mêmes établissent un lien direct entre école et sécurité : « Si on ferme l’école, on ouvre la porte à la violence », rapportent-ils.

Malgré la précarité, le communiqué met en avant des formes de résilience observées dans les camps de déplacés, où des élèves se regroupent pour étudier et s’entraider. « Quand quelqu’un sait lire un peu mieux, il aide les autres », raconte un adolescent cité par l’organisation. Pour le CEMUH, ces initiatives démontrent que la citoyenneté « ne disparaît pas avec le déplacement », mais « se transforme, s’adapte et survit ».

Le Centre Muse Haïti affirme que les jeunes ne réclament pas uniquement de l’assistance, mais une reconnaissance de leur rôle dans la construction du pays. « Nous ne voulons pas seulement perdre notre temps à l’école, nous voulons faire du sport et apprendre des métiers utiles pour changer Haïti », déclarent-ils. L’organisation estime qu’« il est maintenant de leur garantir ce droit », soulignant que « protéger l’éducation aujourd’hui, c’est construire l’avenir d’Haïti ».

Créé en février 2019, le Centre Muse Haïti est une association à but non lucratif engagée dans l’éducation, la formation, la promotion de la citoyenneté, de la culture, des droits humains et de l’environnement. Son slogan, « Lire pour apprendre – lire pour comprendre – lire pour changer », reflète sa vision d’une transformation sociale portée par le savoir.