Pétrole- L’OPEP prévoit une hausse de la demande pétrolière de 2,4 millions de barils par jour en 2027…

Photo crédit: Internet: Radinerie de pétrole (image d’illustration)…

BANGKOK (Thaïlande), lundi 12 octobre 2026 (RHINEWS)- La demande mondiale de pétrole devrait atteindre 108,2 millions de barils par jour en 2027, soit une augmentation de 2,4 millions par rapport à 2026, prévoit l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) dans une déclaration préparée pour la réunion du Comité monétaire et financier international des 16 et 17 octobre 2026. Cette progression serait principalement portée par les économies extérieures à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

« La demande mondiale de pétrole devrait rebondir », indique l’OPEP dans ce document présenté au nom de M. Al Ghais, dans le cadre des assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Pour 2026, l’organisation prévoit une hausse d’environ 400 000 barils par jour, portant la consommation moyenne à 105,8 millions de barils par jour.

En 2027, la demande des pays hors OCDE augmenterait d’environ 2 millions de barils par jour. L’Inde et les autres économies asiatiques devraient contribuer le plus à cette progression, suivies de la Chine et du Moyen-Orient. Les carburants destinés aux transports et les matières premières utilisées dans la pétrochimie seraient les principaux moteurs de la reprise.

Dans les pays de l’OCDE, la consommation progresserait d’environ 400 000 barils par jour en 2027. L’Europe, suivie de la région Asie-Pacifique, devrait retrouver une croissance de la demande après les reculs attendus en 2026. Les pays de l’OCDE situés dans les Amériques continueraient d’enregistrer une hausse, mais à un rythme modéré.

Pour 2026, l’OPEP prévoit une diminution d’environ 110 000 barils par jour de la consommation de l’OCDE, qui s’établirait à 46,1 millions de barils par jour. La demande augmenterait de 290 000 barils par jour dans les Amériques, tandis qu’elle reculerait de 190 000 barils par jour en Europe et de 210 000 barils par jour en Asie-Pacifique.

La consommation des pays hors OCDE devrait, en revanche, progresser d’environ 500 000 barils par jour en 2026, pour atteindre 59,7 millions de barils par jour. L’organisation attribue notamment cette hausse aux besoins de l’Amérique latine et de l’Asie hors OCDE, où l’activité économique, les déplacements, le transport aérien et les investissements privés soutiendraient la demande. Toutes les régions de cet ensemble contribueraient à la progression, à l’exception du Moyen-Orient, où une légère baisse est attendue.

L’essence, le carburéacteur et le kérosène devraient soutenir la consommation mondiale en 2026, avec les liquides de gaz naturel, le gaz de pétrole liquéfié et les autres produits pétroliers.

Ces perspectives s’appuient sur une croissance économique mondiale estimée par l’OPEP à 3 % en 2026 et à 3,2 % en 2027. Selon l’organisation, l’économie mondiale a commencé le second semestre de 2026 avec une dynamique favorable, malgré les répercussions des tensions géopolitiques, de nouvelles pressions inflationnistes et les incertitudes liées aux droits de douane américains.

Aux États-Unis, l’OPEP relève que le ralentissement du produit intérieur brut au deuxième trimestre de 2026 tenait en partie à des évolutions temporaires du commerce et des stocks, tandis que la demande intérieure privée accélérait. La zone euro et le Japon ont enregistré depuis le début de l’année des expansions modestes, légèrement supérieures aux attentes du marché.

Dans les économies hors OCDE, les investissements mondiaux dans l’intelligence artificielle, l’expansion du commerce international et les mesures budgétaires ont contribué à soutenir l’activité et à amortir les effets de la hausse des coûts énergétiques, selon la déclaration.

En Chine, les exportations et l’industrie manufacturière devraient rester des moteurs de croissance, avec l’appui du secteur des technologies de pointe. En Inde, les dépenses publiques devraient soutenir la production et l’emploi, favorisant la consommation. Le Brésil bénéficie de son secteur des matières premières et de la résistance de son économie intérieure. Après une contraction en début d’année, l’économie russe s’est redressée au deuxième trimestre et devrait maintenir une croissance stable jusqu’à la fin de 2026, estime l’OPEP.

Les dépenses consacrées à l’intelligence artificielle et la consommation des ménages dans les grandes économies devraient continuer de soutenir l’activité mondiale. Une atténuation des tensions géopolitiques pourrait améliorer ces perspectives, mais « l’évolution de l’inflation et les développements connexes des conditions financières mondiales nécessitent une surveillance étroite », souligne l’organisation.

L’OPEP prévoit une croissance de 2,2 % aux États-Unis en 2026, puis de 2 % en 2027. Ses projections s’établissent respectivement à 0,8 % et 1 % pour la zone euro, à 0,7 % et 0,8 % pour le Japon, à 4,6 % et 4,5 % pour la Chine, ainsi qu’à 6,6 % et 6,5 % pour l’Inde. Le Brésil enregistrerait une expansion de 2 % en 2026 et de 2,2 % en 2027, tandis que la Russie afficherait une croissance de 1,1 %, puis de 1,5 %.

Sur le plan de l’offre, la production de liquides pétroliers des pays ne participant pas à la Déclaration de coopération entre producteurs devrait augmenter de 600 000 barils par jour en 2026. Le Brésil, les États-Unis, le Canada et l’Argentine seraient les principaux contributeurs. La production américaine progresserait de 400 000 barils par jour, principalement grâce aux liquides de gaz naturel.

Une nouvelle augmentation de 600 000 barils par jour est attendue en 2027 chez les producteurs extérieurs à cet accord, avec le Qatar, le Canada, le Brésil et l’Argentine en tête.

Les investissements mondiaux dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz devraient toutefois diminuer d’environ 2 % en 2026, à 613 milliards de dollars, contre un sommet de 878 milliards de dollars en 2014. L’OPEP prévoit une reprise de 6 % en 2027, portant les dépenses à environ 651 milliards de dollars.

« Des investissements soutenus en amont restent indispensables pour répondre à la demande énergétique future et maintenir des capacités de production inutilisées suffisantes », affirme l’organisation.

Pour les pays participant à la Déclaration de coopération, la production de liquides de gaz naturel et de liquides non conventionnels est estimée à 8,7 millions de barils par jour en 2026 et à 8,9 millions en 2027. Le document annonce une hausse d’environ 100 000 barils par jour pour chacune de ces deux années.

Selon les sources secondaires citées par l’OPEP, la production de pétrole brut de ces pays a augmenté d’environ 300 000 barils par jour en août 2026, pour atteindre 38,1 millions de barils par jour. La moyenne depuis le début de l’année s’établissait à 37,3 millions de barils par jour.

Les stocks commerciaux de pétrole des pays de l’OCDE ont augmenté de 9,8 millions de barils en juillet, interrompant une tendance essentiellement baissière observée depuis février. Selon les données préliminaires, ils atteignaient 2,763 milliards de barils, soit environ 57 millions de moins qu’un an auparavant, 47,9 millions de moins que la moyenne des cinq dernières années et 206,4 millions de moins que celle de 2015 à 2019.

Les stocks de brut ont progressé de 5,5 millions de barils sur un mois, à 1,313 milliard de barils. Ils restaient inférieurs de 29,2 millions de barils à leur niveau de juillet 2025, de 35,2 millions à la moyenne des cinq dernières années et de 149,7 millions à celle de 2015 à 2019.

Les stocks de produits pétroliers ont augmenté de 4,3 millions de barils, atteignant 1,451 milliard de barils. Ils demeuraient inférieurs de 27,7 millions de barils à leur niveau d’un an auparavant, de 12,6 millions à la moyenne des cinq dernières années et de 56,7 millions à celle de 2015 à 2019.

Ces réserves commerciales représentaient 59,3 jours de couverture de la demande future en juillet, soit une hausse de 0,3 jour sur un mois. Ce niveau restait inférieur d’un jour à celui de juillet 2025, de 1,4 jour à la moyenne des cinq dernières années et de 3,2 jours à celle de 2015 à 2019.

La couverture atteignait 56,9 jours dans les pays de l’OCDE des Amériques, soit 3,4 jours sous leur moyenne quinquennale, et 67,7 jours en Europe, soit 0,6 jour sous cette moyenne. En Asie-Pacifique, elle s’établissait à 51,6 jours, dépassant de 1,8 jour la moyenne des cinq dernières années.