“Plus de 16.000 nouveaux déplacés dans le Centre, les besoins humanitaires explosent en Haïti,” selon OCHA…

Jimmy 'Barbecue'' Cherizier, chef du ''G-9 an Fanmi e Alye'' lourdement arme...

NEW YORK, mercredi 9 juillet 2025 (RHINEWS) — La spirale de violence continue de ravager Haïti, provoquant un nouveau déplacement massif de population. Plus de 16.000 personnes ont été forcées de fuir leur foyer dans le département du Centre à la suite d’attaques armées, a rapporté mardi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

Ces déplacés viennent s’ajouter aux quelque 1,3 million de personnes déjà contraintes de quitter leur maison en raison de la violence des gangs qui sévit dans le pays. La majorité d’entre elles ont trouvé refuge auprès de familles d’accueil, tandis que quelques centaines se sont installées dans sept sites de déplacement informels.

« Ces développements reflètent la détérioration continue de la situation sécuritaire en Haïti, ce qui aggrave les besoins humanitaires dans le pays », a déclaré le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse.

Près de la moitié des personnes déplacées sont des enfants. Globalement, six millions d’Haïtiens ont besoin d’une aide humanitaire en raison de l’insécurité persistante et de l’effondrement progressif des services de base. Les femmes et les filles déplacées sont particulièrement vulnérables, exposées à de graves risques, notamment des violences sexuelles et sexistes, des cas ayant été rapportés dans certains sites d’accueil.

À la frontière avec la République dominicaine, la ville de Belladère subit une pression croissante. Selon l’OCHA, les services essentiels y sont débordés. De nombreuses personnes déplacées et migrants haïtiens expulsés y cherchent refuge.

Depuis le début de l’année, plus de 121.000 Haïtiens ont été expulsés de la République dominicaine. Près de la moitié d’entre eux sont passés par Belladère, exacerbant les tensions sur les infrastructures d’accueil déjà saturées du côté haïtien.

Une mission conjointe menée le 28 juin par l’OCHA, des agences onusiennes et des organisations partenaires a confirmé la précarité de la situation, notamment pour les familles déplacées et les enfants non accompagnés.

« Avec nos partenaires humanitaires, nous fournissons des repas chauds, une aide financière, des services de protection et des fournitures médicales », a indiqué M. Dujarric. « Mais l’ampleur des besoins continue de dépasser les ressources disponibles. »

Les priorités immédiates, selon lui, sont d’augmenter les capacités d’accueil, protéger les enfants séparés ou non accompagnés, et renforcer l’aide aux migrants expulsés et aux familles déplacées les plus vulnérables.

Cependant, le financement reste dramatiquement insuffisant. Le Plan de réponse humanitaire 2025 pour Haïti est actuellement le moins financé au monde. À ce jour, moins de 75 millions de dollars ont été reçus, soit seulement 8 % des 908 millions de dollars nécessaires.

« Le manque de fonds limite considérablement les efforts de nos partenaires pour intensifier l’aide vitale dans les zones à haut risque comme Belladère », a averti le porte-parole de l’ONU.

Malgré ces contraintes, les humanitaires poursuivent leurs actions. Entre janvier et mars, plus de 720.000 personnes ont reçu une aide alimentaire d’urgence, 25.000 ont bénéficié de kits d’abris d’urgence, et 35.000 ont reçu des articles non alimentaires essentiels. Près de 170.000 personnes ont accédé à l’eau potable et 55.000 à des installations sanitaires d’urgence, a conclu M. Dujarric.