ONU : Volker Türk dénonce la persistance du racisme systémique envers les personnes d’ascendance africaine…

Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk...

GENÈVE, mardi 14 avril 2026 (RHINEWS)-  Le chef des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies a dénoncé mardi la persistance du racisme et des discours déshumanisants à l’échelle mondiale, appelant à mettre fin à « l’injustice systémique dont sont victimes les personnes d’ascendance africaine ».

S’exprimant à l’ouverture du 5e Forum permanent sur les personnes d’ascendance africaine à Genève, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a estimé que les discriminations restent profondément ancrées dans les sociétés contemporaines, y compris à travers les technologies numériques. Il a notamment souligné que ces outils, dont l’intelligence artificielle, reproduisent et amplifient les préjugés existants.

« Partout dans le monde, les personnes d’ascendance africaine sont confrontées quotidiennement à une discrimination, une exclusion et une déshumanisation spécifiques et préjudiciables, que ce soit à l’hôpital, en classe, sur leur lieu de travail ou lors de leurs interactions avec les forces de l’ordre », a déclaré M. Türk.

Le Haut-Commissaire a replacé ces constats dans une perspective historique, rappelant que, malgré certaines avancées enregistrées depuis l’adoption du Plan d’action de Durban il y a 25 ans, les progrès restent inégaux et fragiles. Plusieurs États ont certes adopté des législations antidiscrimination et engagé des démarches de justice réparatrice liées au colonialisme et à l’esclavage. « C’est essentiel pour démanteler le racisme systémique », a-t-il affirmé, tout en prévenant que « les progrès sont inégaux et fragiles – et, dans certains cas, font l’objet d’un recul ».

Selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, les personnes d’ascendance africaine continuent d’être touchées de manière disproportionnée par la pauvreté, en particulier les femmes et les jeunes, ainsi que par les effets de la dégradation environnementale, notamment la pollution et les phénomènes climatiques extrêmes. Ces inégalités trouvent leur origine dans « des générations de souffrances ignorées et de responsabilités éludées », héritées du colonialisme et de la traite transatlantique des esclaves.

« Parfois, elles trouvent même leur origine dans des tentatives de réécriture de l’histoire », a ajouté M. Türk, soulignant que les effets de « ces injustices profondes se répercutent sur plusieurs générations ».

Face à cette situation, le Haut-Commissaire a appelé les États à adopter et à appliquer des lois, politiques et pratiques antiracistes, estimant qu’elles constituent un socle indispensable pour bâtir des sociétés « plus sûres, plus justes et plus inclusives ». Il a toutefois relevé que de nombreux pays ne disposent toujours pas de cadres juridiques adéquats, moins d’un quart ayant mis en place des lois antidiscrimination complètes.

M. Türk a également plaidé pour une participation accrue des jeunes d’ascendance africaine aux processus décisionnels, tout en insistant sur l’importance d’intégrer une approche de justice réparatrice dans les politiques publiques. À cet égard, il a salué la récente reconnaissance par l’Assemblée générale de l’ONU de la traite des Africains réduits en esclavage comme crime contre l’humanité.