Magalie Habitant victime d’un malaise sévère en détention alors qu’elle est sous enquête pour collusion avec les Viv Ansanm…

Magalie Habitant, ex-directrice

PORT-AU-PRINCE, jeudi 21 août 2025 (RHINEWS) – Magalie Habitant, ex-directrice générale du Service national de gestion des résidus solides (SNGRS) et figure politique influente, aurait connu de sérieux ennuis de santé lors de sa détention, a rapporté  une source judiciaire.

Arrêtée début janvier 2025 et placée sous haute surveillance à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), sous contrôle du Pénitencier national, Mme Habitant, 46 ans, aurait présenté des complications jugées sévères. Hypertendue, elle aurait été victime d’un accident ischémique transitoire (« mini-stroke »), entraînant une paralysie partielle du côté droit et limitant ses mouvements, selon la même source.

D’après les informations recueillies, son état nécessite l’intervention de médecins spécialisés, voire une hospitalisation, mais la disponibilité du personnel médical s’est révélée insuffisante au moment critique. La situation est aggravée par la destruction d’une grande partie des infrastructures hospitalières de la région métropolitaine, après les attaques de la coalition criminelle “Viv Ansanm”, dont Magalie Habitant est réputée proche, selon la justice haïtienne.

Mme Habitant se trouve au centre d’un dossier criminel d’une ampleur inédite. Selon la DCPJ, le dossier transmis au Parquet de Port-au-Prince met en évidence un système structuré de collusion entre pouvoir public, réseaux économiques et gangs armés, dont l’ex-responsable est décrite comme une « véritable architecte ». Des relevés téléphoniques et des enregistrements montrent des échanges réguliers avec des chefs de gangs tels que Jimmy Chérizier alias « Barbecue », Johnson André alias « Izo » et Renel Destina alias « Ti Lapli ». Dans l’un d’eux, elle propose à Kempès Sanon la livraison de « vingt caisses de cartouches » pour 70 000 dollars.

Lors de ses interrogatoires, elle a reconnu avoir communiqué directement avec plusieurs caïds, effectué des transferts d’argent via « Mon Cash » et joué un rôle d’intermédiaire dans la libération d’otages dominicains en 2021, à la demande du président Jovenel Moïse. L’affaire, qualifiée d’« historique » par une source judiciaire, met en lumière un système mafieux plus large que sa seule personne, où sphère politique et réseaux criminels agissent de concert. La justice se trouve désormais face à un défi crucial : établir les responsabilités et décider si les preuves accumulées suffisent à traduire en justice une élite soupçonnée d’avoir mis l’État au service du crime.