Le Collectif Défenseurs Plus dénonce la persistance de l’impunité 26 ans après l’assassinat de Jean Dominique…

Jean Leopold Dominique

PORT-AU-PRINCE, vendredi 3 avril 2026 (RHINEWS)-  Le Collectif Défenseurs Plus a appelé, vendredi, à une action urgente contre l’impunité en Haïti, à l’occasion du 26e anniversaire de l’assassinat du journaliste Jean Léopold Dominique et du gardien Jean Claude Louissaint, survenu le 3 avril 2000 dans les locaux de Radio Haïti Inter à Delmas.

Dans une note publique, l’organisation indique s’incliner « avec respect devant leur mémoire » et réaffirme « son engagement indéfectible en faveur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, garanties par l’article 28.1 de la Constitution de 1987 ».

Le Collectif souligne que, « vingt-six ans après ce crime emblématique, l’impunité persiste » et affirme qu’elle « s’est même enracinée, alimentant un climat de terreur qui fragilise profondément l’État de droit en Haïti ». Selon le document, « le silence judiciaire entourant ces assassinats constitue une violation grave des obligations nationales et internationales de l’État en matière de protection des droits humains ».

L’organisation rappelle que ces assassinats s’inscrivent dans une série d’attaques visant les professionnels des médias, citant notamment Jacques Roche, Diego Charles et Antoinette Duclaire, ainsi que « plusieurs journalistes assassinés, portés disparus ou contraints à l’exil entre 2022 et 2026 dans un contexte de violence généralisée et d’effondrement institutionnel ».

Face à cette situation, le Collectif Défenseurs Plus appelle à « la réouverture effective des enquêtes » sur les assassinats de Jean Léopold Dominique, Jean Claude Louissaint et d’autres journalistes, en insistant sur des « garanties d’indépendance, de transparence et de protection des témoins ». Il recommande également « la mise en place d’un mécanisme spécial de lutte contre l’impunité » visant les crimes contre les journalistes et les acteurs de la société civile.

L’organisation préconise en outre « l’adoption de mesures urgentes de protection pour les professionnels des médias », évoquant un contexte sécuritaire où « les violences affectent tous les secteurs de la vie nationale ».

Elle demande par ailleurs « l’abrogation immédiate du décret adopté en 2025 par le Conseil présidentiel de transition relatif au fonctionnement de la presse », estimant que ses dispositions « portent atteinte aux libertés fondamentales » et « instaurent des restrictions disproportionnées ».

« La liberté de la presse n’est pas une concession de l’État, mais un droit fondamental. Toute tentative de restriction abusive constitue une dérive autoritaire incompatible avec les principes démocratiques », affirme le Collectif, qui conclut qu’« en ce jour de mémoire, sans justice pour les journalistes assassinés, il ne peut y avoir ni démocratie réelle, ni paix durable en Haïti ».