La SOFA dénonce une « attaque contre l’espace civique » et apporte son soutien au RNDDH…

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PORT-AU-PRINCE, jeudi 4 juin 2026 (RHINEWS) – L’organisation féministe haïtienne Solidarite Fanm Ayisyèn (SOFA) a dénoncé l’ordonnance rendue le 19 mai 2026 par le juge Cyprien Jean F. Denis Pierre autorisant la perquisition des locaux du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) ainsi que du domicile de son directeur exécutif dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.

Dans une note publiée le 28 mai, la SOFA affirme exprimer sa « profonde indignation » face à cette décision judiciaire. Selon l’organisation, l’ordonnance prévoit « la perquisition systématique des locaux du RNDDH et du domicile de son directeur exécutif, ainsi que la saisie de leurs documents » dans le cadre de l’instruction sur l’assassinat de l’ancien chef de l’État.

La SOFA estime que cette mesure est « disproportionnée » et qu’elle constitue « une attaque directe contre l’espace civique ». L’organisation soutient qu’une telle action risque de compromettre « la confidentialité des dossiers et la sécurité des victimes protégées par l’organisation ».

Tout en réaffirmant la nécessité de faire toute la lumière sur l’assassinat de Jovenel Moïse, la SOFA souligne que « la quête de justice ne doit pas servir de prétexte à ce qui pourrait être assimilé à la persécution politique ». Elle appelle le pouvoir judiciaire à « respecter la loi et les libertés fondamentales ».

L’organisation demande également au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) d’intervenir afin de « stopper cette dérive ». Elle invite par ailleurs les acteurs de la société civile à se mobiliser face à ce qu’elle qualifie de « pratiques abusives », estimant qu’elles pourraient « ébranler plus profondément la confiance des citoyennes et citoyens dans l’institution judiciaire ».

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de controverses autour des démarches judiciaires visant le RNDDH dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, dossier qui continue de susciter des réactions au sein de plusieurs organisations de défense des droits humains et dd la société civile haïtienne.