PORT-AU-PRINCE, mercredi 11 décembre 2025 (RHINEWS)– La Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) a marqué ce mardi ses 34 ans d’existence et les 77 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), en dénonçant une crise nationale qui, selon elle, « s’apparente à une forme beaucoup plus aigüe » que celle qui avait motivé sa création en 1991.
Dans cette déclaration, la POHDH rappelle que « l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948 et la création de la POHDH en 1991 font du 10 décembre une date importante dans l’histoire du combat pour la dignité humaine ». La plateforme souligne qu’elle commémore « ses 34 ans de luttes incessantes en Haïti » en un moment où les violations de droits fondamentaux atteignent, selon ses termes, « des niveaux alarmants ».
La POHDH évoque « le contexte de crise et de violation massive des droits humains, notamment des exécutions sommaires et des persécutions politiques, qui a suscité la création » de la Plateforme. Mais elle estime que la situation actuelle est « beaucoup plus grave », marquée par l’effritement des libertés publiques et la quasi-inexistence des droits économiques, sociaux et culturels, réduits à « chimère ».
La déclaration déplore une misère croissante dans un pays « où les conditions socioéconomiques se sont détériorées », et où l’insécurité et la violence des gangs provoquent « des vagues massives et régulières de déplacement forcé » qui « rythment et perturbent le quotidien de la population civile ». La Plateforme souligne aussi que les catastrophes naturelles aggravent la situation, citant l’ouragan Melissa qui a causé « la mort de 43 personnes et la disparition de 13 autres ». Elle salue « le courage dont fait preuve la population face à des conditions si pénibles » et lui exprime sa solidarité.
Selon la POHDH, la crise actuelle est le résultat de « choix politiques et économiques destructeurs » et de « manœuvres d’exploitation exterminatrices » menées « par certains acteurs tant en Haïti qu’à l’étranger ». Ces orientations auraient, dit-elle, « terrassé le projet de démocratie, de justice sociale et de bien-être collectif initié par les héros de l’indépendance » au profit « d’intérêts individuels et de classes dominantes ».
La Plateforme affirme que les autorités de la transition ont « renforcé ce système mafieux alimenté par la corruption et l’impunité » et les accuse d’avoir « pillé les caisses de l’État pour assurer leur opulence et accentuer la misère de la population ». « Ils sont devenus des principaux artisans du malheur du peuple haïtien », écrit la POHDH, se disant « consternée ».
La POHDH juge que la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévue le 7 février 2026, « devrait marquer un tournant important ». Elle appelle « les forces vives de la nation jouissant d’une bonne intégrité » à s’entendre d’urgence sur une stratégie pour l’après-CPT et l’actuel gouvernement « qui ont complètement échoué », affirmant que les dispositions légales « rejettent toute possibilité de prolongation de mandat ». Un vide institutionnel, avertit-elle, « pourrait envenimer la crise ».
La Plateforme conclut que la prochaine gouvernance devra prioritairement s’attaquer à « la question de la sécurité », au « redressement institutionnel » pour mettre fin au « pillage systématique des fonds publics », ainsi qu’à l’organisation d’élections dans de bonnes conditions. Elle « enjoint les organisations de la société civile à continuer d’accompagner la population », laquelle est appelée à « être vigilante ». La POHDH « réitère son engagement dans la lutte pour la démocratie et le respect des droits humains en Haïti ».

