Kenscoff : le RNDDH fait état d’au moins 45 morts dans l’attaque du 23 août…

Vue partielle du paysage de Kenscoff…

KENSCOFF, mercredi 26 août 2026 (RHINEWS)– Au moins 45 personnes ont été tuées et 23 autres blessées lors de l’attaque menée dans la nuit du 23 au 24 août 2026 par des hommes armés de la coalition « Viv Ansanm » contre le centre-ville de Kenscoff, selon une note interne du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH).

L’organisation indique avoir recueilli ces informations auprès de plusieurs témoins et précise que le bilan demeure provisoire, les difficultés d’accès aux zones affectées ne permettant pas encore de vérifier l’ensemble des informations. Plus d’une cinquantaine de personnes auraient également été enlevées et plusieurs maisons incendiées.

Selon le RNDDH, l’attaque a débuté vers 22 heures, après le déplacement de groupes armés depuis plusieurs localités, dont Viard, Godet et Furcy, en direction du centre-ville. Des tirs ont été signalés notamment à Boucan et Madeleine, certains projectiles ayant atteint la zone de Fermathe 52, provoquant la panique et la fuite de plusieurs familles.

Arrivés à proximité du commissariat, notamment dans les zones de Villier et Carrefour Malè, les assaillants auraient commis plusieurs exactions. Le RNDDH rapporte que les forces de l’ordre, appuyées par des membres de brigades de vigilance, ont opposé une résistance pour empêcher la prise du commissariat, alors que celui-ci ne disposait que d’un véhicule blindé pour sa protection. Les échanges de tirs ont duré plusieurs heures.

L’organisation de défense des droits humains rapporte également que des personnes réfugiées dans l’église L’Arche de la nouvelle Alliance ont été prises pour cible. « Au moins dix (10) personnes qui avaient trouvé refuge dans l’église y ont été assassinées », affirme le RNDDH, citant notamment le cas de Dieujuste Paul. D’autres personnes auraient été enlevées, parmi lesquelles des femmes et des enfants.

Des personnes âgées, des jeunes et de jeunes enfants figureraient également parmi les victimes. Certaines auraient été brûlées à l’intérieur de leurs maisons après l’incendie de celles-ci. Un agent de sécurité travaillant à la mairie de Kenscoff a aussi été tué dans la zone de Villier, selon le RNDDH.

Concernant les enlèvements, le RNDDH indique avoir analysé une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux après l’attaque. Celle-ci montrerait 22 personnes et trois nourrissons retenus par les assaillants. L’organisation rapporte également des échanges radio au cours desquels des chefs de gangs auraient affirmé détenir d’autres otages et menacé de les exécuter en cas d’utilisation de drones kamikazes par les forces de l’ordre.

Le RNDDH fait état d’au moins 12 maisons incendiées, dont une située derrière la mairie, sept dans la zone de Tèt dlo et quatre à Villier. Une partie de l’école Sainte-Philomène aurait également été touchée par un incendie.

Après plusieurs heures d’affrontements, des renforts accompagnés de plusieurs véhicules blindés sont arrivés dans le centre-ville. Selon les témoignages recueillis par le RNDDH, les forces de l’ordre ont utilisé des drones kamikazes contre des positions des groupes armés. Les assaillants auraient commencé à se replier vers leurs bases de Godet vers 3 heures du matin, en empruntant notamment des passages par Dèyè Savann et Morne Myrtil.

Le RNDDH souligne que cette attaque intervient après d’autres violences attribuées aux mêmes groupes armés dans la commune. L’organisation rappelle notamment l’offensive des 7 et 8 juillet dans la zone de Robin et plusieurs autres localités, au cours de laquelle au moins 60 personnes avaient été tuées, selon ses investigations. Ces violences avaient également provoqué le déplacement forcé de milliers de personnes.

Pour le RNDDH, l’attaque du 23 août « ne constitue pas un événement isolé » et s’inscrit dans une série de violences qui affectent Kenscoff depuis le premier grand assaut des 26 et 27 janvier 2025. L’organisation estime que la population civile demeure particulièrement exposée, alors que des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées auraient quitté leurs domiciles sans bénéficier, selon elle, d’une protection effective des autorités.

Face à la gravité de la situation, le RNDDH appelle les autorités à prendre des « mesures urgentes » pour protéger les civils, documenter les crimes commis, identifier leurs auteurs et les traduire en justice. Il demande également que les personnes déplacées bénéficient d’une assistance et d’une protection adéquates.