Indice de perception de la corruption 2025 : Haïti parmi les pays les plus touchés dans des Amériques minées par la violence et l’érosion démocratique…

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BERLIN (Allemagne), 27  février 2026 (RHINEWS)- Haïti figure une nouvelle fois parmi les pays les plus affectés par la corruption dans les Amériques, selon l’édition 2025 de l’Indice de perception de la corruption (IPC) publié par Tandparency International.

Avec un score de 16 sur 100, le pays se classe parmi les trois plus mal notés de la région, dans un contexte marqué par des institutions fragilisées, la pénétration des réseaux criminels et une insécurité persistante.

L’organisation souligne que les Amériques, dans leur ensemble, stagnent dans la lutte contre la corruption, affichant une moyenne régionale de 42 sur 100. Depuis 2012, douze des 33 pays évalués ont enregistré une détérioration significative de leur score, tandis que seuls la République dominicaine (37) et le Guyana (40) ont connu des améliorations notables. « Des années d’inaction gouvernementale ont érodé la démocratie, facilité l’implantation du crime organisé et directement nui aux citoyens en sapant les droits humains, les services publics et la sécurité », indique le rapport.

Concernant Haïti, l’ONG évoque des institutions « défaillantes ou cooptées » et une corruption enracinée qui favorisent l’expansion des réseaux criminels. Le pays partage les dernières positions régionales avec le Venezuela (10) et le Nicaragua (14), également caractérisés par des niveaux élevés de répression et de faiblesse institutionnelle.

Dans plusieurs pays d’Amérique latine, la corruption est décrite comme un vecteur direct de violence et d’instabilité. En Colombie (37), au Mexique (27) et au Brésil (35), elle a permis au crime organisé d’infiltrer la sphère politique. Même le Costa Rica (56) et l’Uruguay (73), considérés parmi les démocraties les plus solides de la région, subissent les effets d’une criminalité alimentée par des pratiques corruptives.

Le rapport met également en lumière les conséquences concrètes sur les populations. Au Pérou (30), un scandale de pots-de-vin présumés visant à contourner des inspections sanitaires aurait conduit à la distribution d’aliments contaminés dans des écoles publiques. En Argentine (36), des enquêtes sur la gestion de fonds destinés aux médicaments pour personnes handicapées révèlent des risques similaires pour des groupes vulnérables. Au Venezuela (10), des années de corruption généralisée et d’activités illicites ont contribué à l’aggravation de la pauvreté et de la malnutrition.

L’étude souligne par ailleurs un recul des mécanismes de contrôle et de reddition de comptes. Au Salvador (32), des restrictions imposées aux organisations de la société civile limitent la surveillance indépendante des actions gouvernementales. Au Guyana (40), des cas de harcèlement et d’intimidation visant des médias et acteurs civiques indépendants entravent également la transparence.

Les meilleurs scores régionaux sont enregistrés par le Canada (75), l’Uruguay (73) et la Barbade (68), bien que l’organisation note des signes de stagnation. Les États-Unis (64) poursuivent pour leur part une tendance à la baisse, atteignant leur score le plus faible à ce jour. Transparency International mentionne notamment des préoccupations liées à l’affaiblissement de l’indépendance judiciaire et au gel temporaire de l’application du Foreign Corrupt Practices Act, ainsi qu’à la réduction de l’aide américaine aux organisations de la société civile à l’étranger.

Luciana Torchiaro, conseillère régionale pour l’Amérique latine et les Caraïbes à Transparency International, a déclaré : « Pour améliorer la vie des populations et renforcer la résilience face au crime organisé, les gouvernements doivent placer la lutte contre la corruption au cœur de leur agenda. Cela implique de protéger les libertés fondamentales, d’appliquer la loi par le biais d’un pouvoir judiciaire fort et indépendant, de renforcer la coopération internationale dans les affaires de corruption et de rendre les marchés publics plus transparents. »

Créé en 1995, l’Indice de perception de la corruption évalue cette année 182 pays et territoires sur la base de 13 sources de données externes, dont la Banque mondiale et le Forum économique mondial. Les scores, allant de 0 (hautement corrompu) à 100 (très intègre), reflètent les perceptions d’experts et d’acteurs du monde des affaires concernant la corruption dans le secteur public.