Haïti : SOS Journalistes dénonce l’abandon à Cuba du journaliste blessé Jocelyn Justin…

Joseph Guyler C. Delva, Secretaire general de SOS Journalistes...

PORT-AU-PRINCE, mardi 6 mai 2025 (RHINEWS)– L’organisation de défense de la presse SOS Journalistes dénonce avec véhémence ce qu’elle qualifie d’« abandon révoltant » du journaliste Jocelyn Justin, grièvement blessé par balles en décembre 2024 et actuellement en grande détresse à Cuba, sans assistance de l’État haïtien.

Selon SOS Journalistes, Jocelyn Justin, victime d’une attaque armée le 24 décembre 2024 dans les environs de l’hôpital général de Port-au-Prince – attaque ayant coûté la vie à trois personnes dont deux journalistes – se retrouve désormais livré à lui-même sur le sol cubain. Son état nécessite encore une intervention de chirurgie maxillo-faciale, mais les engagements initiaux pris par les autorités haïtiennes n’ont pas été tenus.

« Le gouvernement haïtien, par le biais du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), s’était engagé à prendre en charge l’hébergement, l’alimentation et les soins médicaux du journaliste durant son séjour à Cuba. Aujourd’hui, Jocelyn Justin ne reçoit aucun appui et se trouve sans ressources pour se loger, se nourrir ou acheter ses médicaments », alerte Joseph Guyler C. Delva, secrétaire général de SOS Journalistes.

L’organisation rappelle que deux autres journalistes blessés lors d’incidents similaires, Velondie Miracle et Florise Desronvil, ont pu bénéficier d’interventions médicales à Cuba, même si leur suivi demeure nécessaire. « Cette initiative, portée à ses débuts par le ministre de la Justice Dr. Patrick Pélissier, avait pourtant bien commencé. Il est encore temps pour les autorités de sauver la dignité de cette action en tenant leurs engagements jusqu’au bout », ajoute M. Delva.

SOS Journalistes exhorte le gouvernement, et en particulier le MSPP, à intervenir sans délai pour garantir les conditions minimales de survie et de rétablissement de Jocelyn Justin, soulignant que « la crédibilité de l’État est en jeu face à un cas aussi humainement et moralement pressant ».