PORT-AU-PRINCE, jeudi29 octobre 2026 (RHINEWS) – Le groupement politique Delivrans réclame que le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé et le Conseil électoral provisoire (CEP) tirent les conséquences politiques du report des élections, estimant que leurs mandats sont arrivés à leur terme. Dans une note datée du 29 octobre, l’organisation appelle à une concertation urgente des forces vives pour définir une nouvelle solution politique.
Signé par sa vice-présidente, Djina Guillet Delatour, le document présente le nouveau calendrier électoral comme la manifestation d’un échec des autorités politiques et électorales à répondre aux attentes de la population.
« La gouvernance politique a échoué. La gouvernance électorale a également échoué. Ces échecs appellent des conséquences, des leçons et une véritable redevabilité », affirme Delivrans.
Le groupement soutient qu’après plus de 22 mois au pouvoir, le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé n’a obtenu aucun résultat visible à la hauteur des attentes nationales, particulièrement en matière de sécurité. Il souligne que l’insécurité continue de perturber la vie des citoyens, de provoquer des déplacements de familles et de compromettre le retour au fonctionnement normal des institutions.
Selon la note, le nouveau calendrier, publié par le CEP le mercredi 28 octobre, confirme l’annulation du scrutin prévu le 13 décembre prochain. Delivrans évoque un report d’une année supplémentaire et s’interroge sur ses conséquences politiques.
L’organisation estime que ce renvoi pourrait permettre aux autorités de prolonger leur présence au pouvoir sans mandat populaire. « On ne saurait transformer l’échec de la gouvernance en un instrument de conservation du pouvoir, ni faire de l’insécurité un prétexte à l’ajournement indéfini de la volonté populaire », déclare-t-elle.
« Le calendrier électoral doit servir la démocratie, et non les intérêts de ceux qui dirigent le pays, en tout amateurisme », ajoute le groupement.
Invoquant le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, Delivrans soutient que le mandat du gouvernement est devenu « caduc dès la publication du nouveau calendrier électoral ». Il considère également que celui du CEP doit prendre fin, en raison de ce qu’il qualifie d’incapacité des deux institutions à remplir leurs missions respectives. Cette lecture des conséquences du report est celle défendue par l’organisation dans sa note.
Pour Delivrans, la publication de nouvelles échéances ne suffit pas à répondre à la crise. « La publication de ce nouveau calendrier ne saurait, à elle seule, effacer les manquements accumulés ni tenir lieu de réponse à la crise nationale non adressée », affirme le document.
Le groupement demande une gouvernance responsable, légitime et transparente, respectueuse de la souveraineté populaire. Il réclame également des engagements vérifiables en matière de sécurité et un processus électoral crédible permettant le renouvellement démocratique des institutions.
« Le moment est venu d’assumer les responsabilités et de céder la place à une solution politique responsable, légitime et conforme aux aspirations du peuple haïtien », soutient-il.
Delivrans appelle ainsi les forces vives de la nation à se concerter d’urgence et à unir leurs efforts pour décider de l’avenir du pays. Il réaffirme parallèlement sa volonté de participer au processus électoral à tous les niveaux, en vue d’élections « libres, honnêtes, démocratiques et transparentes », organisées dans un cadre institutionnel impartial et crédible.

