Haïti : l’UNNOH dénonce la gestion de la rentrée scolaire et réclame le départ du gouvernement…

Josue Merilien,Coordonnateur de l'UNNOH

PORT-AU-PRINCE, lundi 7 septembre 2026 (RHINEWS)  À l’occasion de la rentrée scolaire annoncée pour ce lundi 7 septembre en Haïti, l’Union nationale des normaliens haïtiens (UNNOH) critique l’impréparation de la rentrée des classes par les autorités et appelle les enseignants à intensifier leur mobilisation pour réclamer de meilleures conditions de travail et, plus largement, le départ du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé.

Dans des déclarations publiques, le coordonnateur national de l’UNNOH, Josué Mérilien estime que l’État aurait dû préparer la rentrée scolaire plutôt que de se limiter à en annoncer la date.

« Le dossier de la rentrée des classes dans le pays, c’est un événement. C’est même l’État en premier qui doit le prendre en charge », soutient M. Mérilien, reprochant au gouvernement de ne pas avoir pris, selon lui, les « mesures nécessaires » pour assurer une rentrée répondant aux besoins du système éducatif.

Le responsable syndical affirme que des enseignants sont déjà mobilisés dans plusieurs départements et prévient que les actions doivent s’étendre à l’échelle nationale. Il appelle les syndicats d’enseignants à poursuivre la mobilisation afin d’exiger notamment le respect des engagements pris envers le personnel éducatif et des conditions minimales permettant aux enseignants de reprendre le chemin des établissements scolaires.

« Nous demandons aux enseignants du pays de continuer à se mobiliser », déclare Josué Mérilien, annonçant le renforcement d’une « commission de mobilisation nationale » au sein du secteur.

Au-delà de la rentrée scolaire, le coordonnateur de l’UNNOH met également en cause la gestion de la sécurité par les autorités. Il reproche au gouvernement de ne pas avoir, selon lui, pris suffisamment tôt les mesures nécessaires face aux menaces pesant sur la population.

« Le gouvernement a été averti que des gens se préparaient à aller tuer la population de Kenscoff », affirme-t-il, en référence aux violences qui affectent plusieurs zones du pays. Il accuse les autorités d’intervenir trop tardivement et estime que cette situation traduit, selon lui, une incapacité à répondre aux préoccupations de la population.

L’UNNOH annonce par ailleurs une mobilisation impliquant, selon M. Mérilien, des syndicats d’enseignants et d’autres organisations à travers le pays. Le syndicaliste réclame le départ « sans condition » du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et de l’ensemble de son gouvernement, qu’il qualifie d’« insuffisant » et d’« incapable ».

« Nous exigeons le départ, sans condition, d’Alix Didier Fils-Aimé et de tout le gouvernement », affirme-t-il, estimant que l’exécutif n’a pas répondu aux attentes de la population.

Josué Mérilien concentre également ses critiques sur la gestion du Fonds national de l’éducation (FNE), qu’il considère comme un instrument stratégique destiné notamment au financement de l’éducation, à la construction et à la réhabilitation des écoles ainsi qu’au soutien au personnel enseignant.

Selon lui, le FNE aurait progressivement été « politisé » et éloigné de sa mission initiale. « Nous constatons que le gouvernement en place a poursuivi le processus de politisation du FNE et l’a détourné de sa mission », affirme le responsable de l’UNNOH.

Il dénonce notamment des changements intervenus à la tête de plusieurs directions du FNE, citant les ressources humaines, l’éducation, les finances, l’administration et la communication. Selon lui, ces changements auraient été effectués sans l’avis préalable du conseil d’administration.

« Elle change beaucoup de directeurs (…) sans avertissement du conseil », soutient-il, estimant que ces décisions soulèvent des interrogations sur le respect des mécanismes de gouvernance prévus pour l’institution.

Le coordonnateur de l’UNNOH conteste également la nomination de responsable actuelle du FNE, dont il remet en question les qualifications et l’expérience. Il affirme que la direction générale du Fonds devrait être confiée à une personne disposant de l’expérience et des compétences requises pour administrer un organisme chargé du financement d’un secteur aussi stratégique que l’éducation.

M. Mérilien invoque à cet égard les dispositions de la loi portant création du FNE, notamment celles relatives aux conditions de nomination du directeur général et au rôle du conseil d’administration. Il soutient que la direction générale doit appliquer les orientations arrêtées par cet organe.

« Le FNE est un outil stratégique qui met l’État et la population en mesure de financer l’éducation », rappelle-t-il, plaidant pour une gestion conforme aux attributions légales de l’institution.

Ces déclarations interviennent alors que la rentrée scolaire constitue un enjeu majeur pour les familles haïtiennes, dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements de population et les difficultés économiques qui affectent le fonctionnement des établissements scolaires et la capacité de nombreux parents à financer la scolarité de leurs enfants.

L’UNNOH entend ainsi faire de la rentrée scolaire un nouveau point de mobilisation du secteur éducatif. Josué Mérilien appelle les enseignants et les organisations qui partagent ses préoccupations à participer aux actions annoncées à travers le pays.