PORT-AU-PRINCE, mercredi 6 août 2025 (RHINEWS) — Un chef de la coalition criminelle “Viv Ansanm”, organisation officiellement classée groupe terroriste transnational par les États-Unis, a proféré des menaces explicites contre les sponsors du journaliste Rudy Sanon, dans ce qui s’apparente à une nouvelle étape de la stratégie d’intimidation et de terreur médiatique menée par cette organisation criminelle.
Depuis plusieurs semaines, Jimmy “Barbecue” Chérizier, figure de proue de Viv Ansanm, mène une campagne agressive d’intimidation à l’encontre de Rudy Sanon, présentateur de l’émission “Se sa nou vle”, diffusée sur les réseaux sociaux. En plus de menaces de mortet de propos calomnieux, Chérizier a désormais élargi sa cible aux partenaires commerciaux et sponsors du journaliste, les accusant nommément, les intimidant publiquement et les menaçant de représailles similaires à celles subies par les opposants à son réseau.
Sous pression, Rudy Sanon a été contraint de résilier plusieurs contrats publicitaires, dans le seul but de protéger ses commanditaires. Ce retrait des sponsors constitue un coup dur pour le journaliste, qui finance de manière autonome ses productions. Cette manœuvre vise clairement à l’asphyxier économiquement, dans l’espoir qu’il cesse ses enquêtes et prises de position critiques envers le système criminel enraciné dans le pays.
Le journaliste refuse de céder à la peur et poursuit son travail. Il est l’un des rares à exposer sans filtre les ramifications politiques, économiques et sécuritaires du chaos haïtien, au prix de sa propre sécurité.
Cette offensive contre ses sponsors s’inscrit dans une stratégie délibérée d’étouffement de la liberté de la presse, déjà observée dans les pratiques de Viv Ansanm, qui entend réduire au silence toute voix critique dans les territoires qu’elle contrôle — soit plus de 80 % de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Viv Ansanm, héritière des coalitions G‑9 et G‑Pèp, n’est pas un simple gang armé. Il s’agit d’un véritable cartel militarisé, disposant de liens avec des milieux mafieux, des éléments du secteur des affaires et des circuits de trafic international. Plusieurs rapports d’experts de l’ONU les accusent d’être activement impliqués dans des trafics de drogue, d’armes, d’organes humains, ainsi que dans des détournements de convois humanitaires, avec la complicité passive ou active de certaines autorités locales.
Par ailleurs, à partir de leur campagne de terreur, les chefs de Viv Ansanm se sont enrichis de manière fulgurante. Leurs biens, leurs véhicules, leurs déplacements, leur train de vie actuel contrastent fortement avec leurs origines de quartiers défavorisés, ce qui illustre l’efficacité brutale de leur économie criminelle fondée sur l’extorsion, le racket, la contrebande et les rançons. L’impunité dont jouit Jimmy Chérizier, malgré ses crimes notoires, continue d’alimenter la frustration populaire et la méfiance envers les autorités.
Les méfaits de Viv Ansanm sont massifs et documentés : massacres ciblés, incendies d’écoles, d’universités, de bibliothèques, d’hôpitaux, de pharmacies, de lieux de culte, d’entreprises privées, de domiciles civils, de biens publics, ainsi que des violences sexuelles systématiques, des centaines d’enlèvements, des milliers de déplacés internes, et des postes de péage illégaux sur les principales routes nationales. Ces pratiques visent à instaurer une économie parallèle fondée sur la terreur et la soumission.
C’est ce même mode opératoire, fait d’intimidation, d’humiliation publique et de représailles physiques, que Viv Ansanm applique désormais aux acteurs des médias et à leurs sources de financement. En menaçant les sponsors de Rudy Sanon, Chérizier entend envoyer un message clair à toute voix dissidente : nul n’est à l’abri, pas même ceux qui restent en coulisses. Personne ne peut soutenir un journaliste sans en subir les conséquences.
Ce climat de violence ciblée contribue à renforcer la censure de fait qui s’installe dans le pays. Aucun membre d’organisation de presse, ni ONG, ni autorité publique ne s’est publiquement exprimé sur les menaces contre Rudy Sanon. Le silence est devenu la norme, tant la peur est omniprésente.
Dans ce contexte d’État fragmenté, d’institutions effondrées et de pouvoir diffus, Viv Ansanm n’agit plus comme un acteur rebelle mais comme une force dominante, structurée et arrogante, qui impose sa loi aussi bien par les armes que par la censure économique et médiatique. En menaçant un journaliste et ses sponsors, elle démontre qu’elle ne craint pas la loi ni l’opinion publique. Et ce silence complice de secteurs influents, qu’ils soient économiques, politiques ou religieux, confirme l’ampleur du pacte national et international avec la terreur.

