Haïti : la COPAJUDH alerte sur les violations des droits de l’enfant et appelle l’État à des mesures urgentes…

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PORT-AU-PRINCE, dimanche 14 juin 2026 (RHINEWS)- La Commission pastorale pour la justice et les droits humains (COPAJUDH) a lancé un appel pressant aux autorités haïtiennes pour faire de la protection de l’enfance une priorité nationale, à l’occasion de la Journée nationale des droits de l’enfant, célébrée chaque deuxième dimanche de juin.

Dans une déclaration publique, l’organisation estime que « l’écart demeure profond entre les engagements juridiques de l’État et la réalité vécue par les enfants haïtiens », dénonçant des violations « graves et répétées » des droits fondamentaux.

La COPAJUDH rappelle que la Constitution haïtienne de 1987 amendée consacre la protection de l’enfant et que, conformément à la Convention relative aux droits de l’enfant, ratifiée par Haïti, l’État est tenu de garantir l’accès à l’éducation, à la santé, à la sécurité et à la dignité pour tous les mineurs.

Sur le plan éducatif, la commission souligne qu’une part importante des enfants en âge scolaire reste exclue du système éducatif. Elle attribue cette situation à la pauvreté, à l’insuffisance des infrastructures scolaires et à la dégradation sécuritaire. « Des centaines de milliers d’enfants ne sont toujours pas scolarisés, tandis que la violence armée perturbe ou ferme de nombreux établissements », indique la déclaration, évoquant des familles contraintes de retirer leurs enfants de l’école pour des raisons de sécurité.

La COPAJUDH alerte également sur l’aggravation des déplacements forcés de population, liés à l’expansion des zones contrôlées ou disputées par des groupes armés. Selon la déclaration, ces déplacements exposent les enfants à des conditions de vie précaires dans des sites improvisés, sans accès suffisant aux services de base.

L’organisation exprime par ailleurs une vive préoccupation face aux violences faites aux mineurs. Elle fait état de cas de violences physiques et sexuelles, ainsi que de situations de mendicité infantile croissante. « Les enfants sont parmi les premières victimes de l’effondrement des mécanismes de protection sociale », souligne la COPAJUDH.

La question du recrutement des mineurs par des groupes armés est également mise en avant. La commission cite des rapports d’organisations internationales et des témoignages faisant état d’enfants utilisés dans diverses fonctions au sein de réseaux criminels, notamment comme guetteurs ou dans des activités liées aux affrontements armés. Elle estime que ces pratiques constituent une violation grave du droit international et des principes de protection de l’enfance.

Face à cette situation, la COPAJUDH appelle les autorités à adopter des mesures urgentes, notamment la modernisation du système d’état civil, le renforcement de l’accès aux soins de santé, la sécurisation des établissements scolaires et la mise en place de dispositifs de protection pour les familles déplacées.

« Il est temps de passer des engagements aux actes », insiste la déclaration, qui exhorte également les institutions publiques, la société civile et les partenaires internationaux à coordonner leurs efforts pour prévenir l’exploitation et le recrutement des enfants.

La COPAJUDH conclut que la protection des enfants constitue « un impératif moral, constitutionnel et historique », estimant que l’avenir du pays dépend directement de la capacité de l’État à garantir leurs droits fondamentaux.