Football-Mondial 2026 : des organisations haïtiennes demandent à la FIFA d’enquêter sur l’arbitrage du match Haïti-Écosse et réclament sa reprogrammation…

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PORT-AU-PRINCE, vendredi 19 juin 2026 (RHINEWS) – Plus d’une centaine d’organisations sociales, syndicales, citoyennes et politiques haïtiennes ont adressé une lettre ouverte au président de la FIFA, Gianni Infantino, ainsi qu’à la Commission de discipline de l’instance mondiale du football pour dénoncer ce qu’elles qualifient de « traitement injuste et discriminatoire » réservé à la sélection nationale haïtienne lors du match disputé contre l’Écosse le 13 juin 2026 dans le cadre de la Coupe du monde.

Dans cette correspondance datée du 19 juin, les signataires affirment avoir été « profondément stupéfaits, révoltés et indignés » par plusieurs décisions arbitrales prises au cours de la rencontre par l’arbitre algérien Mustapha Ghorbal. Selon eux, ces décisions ont suscité une vaste controverse parmi les supporters haïtiens et dans la diaspora, alimentant « un sentiment collectif de frustration, d’injustice et une forte attente de réparation ».

Les organisations estiment que les décisions arbitrales contestées ont porté atteinte à « l’intégrité sportive du match », à la « dignité des joueurs, des supporters et du peuple haïtien », tout en compromettant, selon elles, la crédibilité du football international. Elles soutiennent que plusieurs actions litigieuses n’auraient pas été correctement appréciées par l’arbitre central ni corrigées par l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR).

Les signataires évoquent notamment deux penalties qu’ils jugent manifestes et qui n’auraient pas été accordés à l’équipe haïtienne. Ils citent en particulier une action survenue à la 79e minute, au cours de laquelle le tir du joueur haïtien Jean-Ricner Bellegarde aurait été dévié de la main par le défenseur écossais Grant Hanley dans la surface de réparation. « De manière inexplicable, aucune intervention de la VAR n’a été sollicitée malgré l’évidence du geste », affirment-ils dans leur lettre.

Les auteurs du texte dénoncent également une autre séquence intervenue dans les arrêts de jeu. Selon eux, à la 90e+5 minute, une faute commise par Kenny McLean sur Josué Casimir n’aurait été sanctionnée que d’un carton jaune alors qu’« un carton rouge s’imposait au regard des Lois du Jeu, compte tenu de la dangerosité manifeste de l’action ». Ils considèrent que « l’usage déficient, voire délibérément absent, de la VAR » soulève des interrogations sur l’impartialité de l’arbitrage.

Dans leur argumentaire, les organisations affirment que la répétition de ces décisions « s’apparente à une volonté manifeste de pénaliser l’équipe haïtienne » et constitue une violation du principe d’égalité de traitement entre les deux sélections. Elles soutiennent que les images vidéo disponibles renforcent « le sentiment d’une injustice profonde » et estiment que le résultat du match est entaché d’irrégularités.

Les signataires rappellent que les Lois du Jeu mettent l’accent sur la protection de l’intégrité physique des joueurs et le respect de l’équité sportive. Ils affirment que ces principes auraient été ignorés lors de cette rencontre, provoquant selon eux « une onde de choc parmi les supporters du monde entier ».

Face à ce qu’elles présentent comme des préjudices sportifs, moraux et symboliques, les organisations demandent à la FIFA de procéder à « un réexamen complet du match Haïti–Écosse », d’ouvrir « une enquête disciplinaire indépendante afin d’établir les responsabilités » et, le cas échéant, d’imposer des sanctions aux personnes impliquées. Elles réclament également « l’annulation du résultat du match et sa reprogrammation dans des conditions garantissant une stricte équité sportive ».

« Il en va de la crédibilité du football international et du respect dû à toutes les nations participantes », écrivent-elles, ajoutant qu’elles refusent que « des décisions arbitraires viennent compromettre les principes fondamentaux du sport et porter atteinte à l’intégrité d’un peuple et de son équipe nationale ».

La lettre est soutenue par un large éventail d’organisations issues des dix départements d’Haïti, parmi lesquelles des syndicats, des associations professionnelles, des organisations paysannes, des groupes de défense des droits humains, des mouvements citoyens, des organisations de jeunesse ainsi que des représentants de la société civile. Le document a été authentifié par Josué Mérilien, secrétaire général de la Centrale unitaire des travailleurs et travailleuses des secteurs public et privé d’Haïti (CUTRASEPH), et par Me Eddy-Paul Fleurant du Jeune Barreau de Port-au-Prince.