PORT-AU-PRINCE, mercredi 15 avril 2026 (RHINEWS)- Le Collectif Défenseurs Plus a dénoncé mardi « l’inacceptable silence de l’État » face à la montée de la violence armée en Haïti, affirmant que l’attaque survenue à Seguin, dans la commune de Marigot, illustre « une chronique de l’abandon étatique ».
Dans une note de presse, l’organisation dit exprimer « sa profonde indignation et son horreur face à l’escalade de la violence armée qui continue de consumer le pays », soulignant que des zones autrefois considérées comme sûres sont désormais touchées. « L’attaque sanglante perpétrée à Seguin […] n’est pas un incident isolé, mais un chapitre de trop d’une chronique de l’abandon étatique », affirme le Collectif.
Défenseurs Plus a également présenté « ses plus sincères sympathies aux familles des victimes » et sa « pleine solidarité » envers les personnes affectées par ces violences. Le groupe a par ailleurs étendu ses condoléances aux populations du Nord-Ouest frappées par de fortes pluies entre le 11 et le 13 avril, qui ont fait « au moins 12 morts » et causé d’importants dégâts matériels.
Selon l’organisation, ces événements « rappellent l’extrême vulnérabilité des populations et l’urgence d’une réponse publique coordonnée, efficace et durable ». Elle déplore une « trajectoire de terreur qui semble ne rencontrer aucune résistance sérieuse de la part des autorités étatiques ».
Le Collectif cite notamment les massacres survenus à Petite Rivière de l’Artibonite, faisant « plus de 70 morts », ainsi que le drame récent à la Citadelle Laferrière, dans la commune de Milot, ayant causé « plus de 50 morts ». Il évoque également l’attaque de Marigot, marquée par « l’assassinat de paisibles citoyens » et « l’incendie du sous-commissariat de la zone », y voyant « la faiblesse de l’État sur l’ensemble du territoire national ».
Défenseurs Plus estime que la réponse des autorités ne peut être « superficielle ». « Il ne suffit pas de repousser temporairement des groupes armés […] pour prétendre restaurer l’autorité de l’État. L’heure n’est pas à l’autosatisfaction ou à la vantardise », affirme le communiqué. L’organisation appelle à « élaborer et mettre en œuvre un plan global d’intervention visant à démanteler durablement les foyers de gangs ».
Le Collectif rappelle que « l’État haïtien a l’obligation fondamentale de garantir la protection de toute personne » et juge que « son silence prolongé et son incapacité à agir efficacement s’apparentent à un abandon inacceptable ». « Chaque moment d’inaction renforce le pouvoir des groupes armés et fragilise davantage le tissu social », ajoute-t-il.
Au-delà de la réponse sécuritaire, l’organisation insiste sur « l’urgence d’une prise en charge globale des victimes », notamment les déplacés de Marigot, de Marchand-Dessalines, de Mirebalais, de Saut-d’Eau et de Petite Rivière de l’Artibonite, appelant à une « assistance humanitaire immédiate » et à des mesures de réhabilitation.
Défenseurs Plus souligne que « la lutte contre l’impunité demeure une condition essentielle au rétablissement de l’État de droit démocratique ». « Les crimes perpétrés à répétition […] ne peuvent rester sans suite. Des enquêtes crédibles doivent être diligentées, et les responsables traduits en justice, sans distinction », conclut le Collectif.

