« Carnage à Laboderie : le RNDDH dénonce un crime contre l’humanité commis par Viv Ansanm, au moins cinquante civils exécutés sommairement selon un rapport préliminaire »…

Vitelhomme Innocent, chef du gang Kraze Barye, Jimmy Barbecue Cherizier , chef de la federation des gangs G-an Fanmi e Alye, Izo du gang 5 seconde de Village de Dieu, Jeff, chef de gang de Canaan, Lanmo San Jou, chef du gang 400 Mawozo….

ARCAHAIE (Haïti), dimanche 14 septembre 2025 (RHINEWS) – Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a rendu public un rapport préliminaire accablant sur le massacre de Laboderie, première section communale de Boucassin, dans la commune de l’Arcahaie. Selon cette note, les 11 et 12 septembre 2025, plus de cinquante civils ont été exécutés par les hommes armés de la coalition Viv Ansanm, qualifiée d’organisation terroriste, qui exerce un contrôle étendu sur plusieurs zones stratégiques du pays. Le RNDDH dénonce un « carnage d’une extrême cruauté contre la population civile », accompagné d’incendies criminels, de disparitions et de déplacements massifs.

Depuis le 3 mars 2024, la coalition Viv Ansanm a consolidé son emprise sur la commune de Cabaret après avoir attaqué le commissariat local et, quelques mois plus tard, le 13 août 2024, détruit entièrement ce bâtiment, « réduisant à néant la présence de l’État dans la zone », souligne le rapport. Le 7 septembre 2025, Viv Ansanm, avec l’appui de la branche armée Izo 5 Secondes, a lancé une offensive pour s’emparer de l’Arcahaie, ville voisine de Cabaret. De violents affrontements ont alors éclaté contre la Police nationale d’Haïti (PNH), particulièrement à Bercy, à l’entrée sud de Cabaret, où se concentre une partie des combats.

C’est dans ce climat d’escalade que le massacre de Laboderie a été perpétré. Le RNDDH précise que « les bandits accusaient les habitants d’être des informateurs de la police de l’Arcahaie ». Le meurtre, le 7 septembre, de Vladimir alias Vlad, chef de gang opérant à Cabaret, abattu par des unités de la PNH, a été utilisé comme justification. La coalition terroriste a considéré que les habitants de Laboderie collaboraient avec les forces de l’ordre et a décidé de leur infliger une punition collective.

Les faits décrits sont d’une brutalité inouïe. « Les 11 et 12 septembre 2025, plus de cinquante personnes ont été exécutées sommairement. Plusieurs dizaines de maisons ont été incendiées et des cadavres gisaient encore dans les broussailles, dévorés par des chiens », affirme le RNDDH. Plusieurs victimes demeuraient introuvables au 14 septembre, tandis que des survivants, traumatisés, ont cherché refuge dans des localités avoisinantes ou ont pris la mer en canot pour fuir « la barbarie ».

L’organisation dénonce en même temps l’inaction totale des autorités haïtiennes. « Les bandits armés continuent de contrôler l’ensemble de la zone et aucune intervention policière n’a été entreprise pour secourir la population en détresse », déplore le rapport. La route nationale numéro 1 demeure paralysée, ce qui isole davantage les habitants, entrave l’approvisionnement en biens essentiels et accentue la vulnérabilité des rescapés. Pour le RNDDH, cette inaction traduit « l’abandon complet de populations civiles livrées à une organisation terroriste qui impose sa loi en toute impunité ».

Le rapport préliminaire insiste également sur la dimension juridique internationale du massacre. Les exécutions arbitraires, les incendies de maisons, les déplacements forcés de civils et l’usage de la terreur comme stratégie de domination constituent des violations graves du droit international humanitaire. Le massacre de Laboderie répond en tous points à la définition des crimes contre l’humanité prévue à l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), qui englobe « le meurtre, l’extermination, la persécution et autres actes inhumains commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre une population civile ». Il contrevient également à la Quatrième Convention de Genève de 1949 qui interdit expressément les « peines collectives » et les « atteintes à la vie et à l’intégrité corporelle » des civils, dispositions renforcées par le Protocole additionnel II relatif aux conflits internes.

De plus, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par Haïti, proscrit les exécutions arbitraires et impose à l’État l’obligation de protéger la vie et la sécurité de ses citoyens. Or, constate le RNDDH, « l’État haïtien n’a pas assumé ses responsabilités et laisse les populations exposées à la violence d’une organisation terroriste qui défie son autorité et agit en toute impunité ».

L’organisation estime que cette tragédie ne peut rester confinée à un traitement interne et appelle à une mobilisation immédiate de la communauté internationale. « Le massacre de Laboderie s’ajoute à une longue série d’atrocités commises par Viv Ansanm, une organisation terroriste qui menace directement la sécurité du pays et de la région », souligne le RNDDH. Le principe de la responsabilité de protéger (R2P), adopté par l’Assemblée générale des Nations unies en 2005, engage la communauté internationale à agir lorsque des crimes de masse sont commis et qu’un État se révèle incapable de protéger sa population.

Pour le RNDDH, le massacre de Laboderie doit être qualifié de crime contre l’humanité et traité comme tel par les instances judiciaires nationales et internationales. L’organisation insiste sur la nécessité d’une réponse urgente et coordonnée pour mettre fin à l’impunité des groupes terroristes et assurer la protection effective des civils en Haïti.