MONTRÉAL, vendredi 3 octobre 2025 (RHINEWS)— La justice canadienne a condamné mercredi un ressortissant québécois, Gérald Nicolas, à une peine de cinq ans de prison pour avoir quitté le pays dans l’intention de faciliter une activité terroriste et pour avoir effectivement contribué à de telles activités.
Selon un communiqué du Service des poursuites pénales du Canada (SPPC), Nicolas, originaire de Lévis, avait été reconnu coupable en mars dernier de toutes les accusations portées contre lui. L’homme avait élaboré un plan visant à inciter une révolution armée en Haïti, destinée à renverser le gouvernement du président Jovenel Moïse entre 2020 et 2021.
Le SPPC précise que l’accusé s’était rendu en République dominicaine et en Haïti pour mettre son projet en œuvre. Il avait tenté d’obtenir des armes, recruté des personnes pour rejoindre son mouvement, fourni des fonds pour soutenir son plan et loué un terrain près de la frontière afin d’y installer une base d’opérations.
« Cette affaire concernait une conspiration visant à miner la stabilité d’un gouvernement étranger », a déclaré dans un communiqué George Dolhai, directeur du SPPC. « Toute personne prête à poser des gestes pour inciter à des conflits armés afin de poursuivre ses objectifs, au Canada comme à l’étranger, sera traduite en justice. »
Lors de son procès, Gérald Nicolas avait affirmé qu’il souhaitait mener une « révolution douce et pacifique » afin de « restaurer la dignité du peuple haïtien », son pays d’origine. Mais les douze jurés, composés de huit femmes et quatre hommes, n’ont pas retenu cette version.
Inculpé pour la première fois en novembre 2022, Nicolas avait par la suite refusé toute entrevue après sa condamnation en mars, déclarant simplement qu’il se considérait désormais comme un « prisonnier politique ».
Cette condamnation survient dans un contexte où Haïti traversait l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Entre 2020 et 2021, le pays était secoué par une profonde instabilité politique, de violentes manifestations et une montée en puissance des groupes armés. Le climat d’insécurité avait atteint son paroxysme avec l’assassinat du président Jovenel Moïse, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, un crime encore entouré de zones d’ombre et qui a plongé davantage le pays dans le chaos.
Les autorités canadiennes rappellent que toute tentative de complot visant à exporter la violence ou à aggraver l’instabilité d’un État étranger sera poursuivie avec la plus grande rigueur.

