CAYES, vendredi 20 juin 2025 (RHINEWS ) – Me Pierre Antoine Borgat, avocat haïtien reconnu et membre de l’Union Internationale des Avocats (UIA), a été mortellement abattu jeudi 19 juin dans son bureau du Village Guilite, aux environs des Cayes. Deux individus à moto ont fait irruption dans ses locaux et ont ouvert le feu. Malgré d’urgentes tentatives de le secourir à l’hôpital, il n’a pas survécu.
Titulaire du Cabinet Borgat et Associés à Port‑au‑Prince, Me Borgat s’était distingué par son engagement professionnel, notamment via son appartenance à l’UIA, une institution internationale dédiée à la promotion de l’état de droit et à la coopération entre juristes . Il occupait également des fonctions consultatives au Centre de Facilitation des Investissements et intervenait dans la Chambre de conciliation et d’arbitrage, favorisant l’investissement privé et les modes alternatifs de règlement des litiges .
Cette tragédie fait écho à un drame antérieur : son frère, Pierre Gerson Borgat, industriel dans le vétiver, avait été assassiné le 2 avril 2025 à proximité des Cayes. Deux suspects ont été arrêtés, et l’enquête pour ce premier homicide est toujours en cours .
Ces deux meurtres ciblés illustrent une fois encore l’insécurité dramatique qui sévit dans le Sud d’Haïti, touchant jusque les professionnels les plus en vue.
Le président du Conseil présidentiel de transition, Fritz Alphonse Jean, a réagi : « Nous faisons part de notre profonde émotion suite au décès de Me Pierre Antoine Borgat, homme de droit engagé et de forte conviction. Justice sera rendue. Nos pensées accompagnent sa fille, dont il était si fier. »
Me Borgat marquait de son influence le développement juridique et économique de sa région, notamment par le biais d’organisations internationales.
Son assassinat, intervenu dans un espace supposé protégé – son bureau – relance le débat sur la capacité de l’État à assurer la sécurité dans le pays.
Avec tant de questions sans réponse, plusieurs voix réclament une enquête approfondie et des mesures immédiates pour restaurer la confiance dans l’appareil judiciaire haïtien.
Cette nouvelle exécution, dans un environnement déjà meurtri, plonge une fois de plus Haïti dans l’angoisse, démontrant que ni les figures publiques, ni la justice ne sont épargnées.

