CARACAS (Vénézuela), mardi 28 octobre 2025 (RHINEWS)- Les États-Unis ont renforcé leur dispositif naval autour du Venezuela avec le redéploiement du porte-avions USS Gerald R. Ford vers la Caraïbe et l’escale, dimanche 26 octobre, du destroyer USS Gravely à Port-of-Spain (Trinité-et-Tobago). Washington présente l’opération comme une intensification de la lutte contre les réseaux de narcotrafic sous l’égide du U.S. Southern Command (SOUTHCOM). « Les forces américaines se rapprochent », ont écrit des responsables et parlementaires américains en s’inquiétant d’une opération « en expansion », selon The Washington Post.
L’arrivée du USS Gravely a déclenché une onde de choc diplomatique et politique dans la Caraïbe. À Trinité-et-Tobago, les autorités évoquent des manœuvres bilatérales centrées sur la sécurité maritime, tandis que Caracas y voit une « provocation » visant à intimider le gouvernement de Nicolás Maduro. Des médias américains et caribéens relèvent à la fois la dimension d’entraînement annoncée par les États-Unis et la lecture offensive faite par le Venezuela. « Le déploiement américain est une menace sérieuse », a dénoncé Caracas après l’accostage, rapportent Axios et des quotidiens de Port-of-Spain.
Conséquence immédiate, le Venezuela a suspendu sa coopération énergétique avec Trinité-et-Tobago, notamment sur le gisement gazier offshore Dragon, pourtant relancé début octobre avec un feu vert américain à Shell et à Port-of-Spain. Caracas justifie la suspension par la « menace militaire » américaine ; Port-of-Spain assume l’accueil du navire américain au nom de la sécurité régionale, selon Financial Times et Al Jazeera.
Pour appuyer ce renforcement, le Pentagone a ordonné le mouvement du USS Gerald R. Ford et de son groupe aéronaval — des dizaines d’avions de chasse et de surveillance, ainsi que des bâtiments d’escorte — vers le théâtre caribéen. Cette posture « signale une escalade majeure » et offre une capacité de frappes accrue, ont indiqué des responsables cités par la presse américaine. « Le groupe aéronaval accroît la pression » sur les réseaux visés et, de facto, sur le régime de Nicolás Maduro, souligne le Wall Street Journal.
Au plan sécuritaire, plus de 50 personnes ont été tuées lors de frappes et interceptions maritimes américaines ces dernières semaines dans le cadre de cette campagne, selon des bilans de presse divergents — au moins 51 d’après The Guardian, 57 d’après le Financial Times. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a promis de « poursuivre les opérations » contre les « narco-terroristes ».
Caracas parle, elle, d’« encerclement » et a menacé de contre-mesures. Le gouvernement a annoncé avoir déjoué un complot et capturé un groupe lié aux services américains, accusations qui n’ont pas été étayées de preuves publiques à ce stade, relèvent RFI et le Miami Herald. Parallèlement, des médias français rappellent que sept navires américainsopèrent déjà en mer des Caraïbes dans le cadre de cette campagne, alors que le Venezuela multiplie ses propres exercices militaires.
Dans la région, l’accostage du USS Gravely a suscité des appels au dialogue de dirigeants caribéens et des débats politiques internes à Trinité-et-Tobago, où des éditorialistes et universitaires alertent sur les risques d’escalade aux portes du Venezuela. Des reportages locaux décrivent à la fois l’afflux de curieux sur les quais de Port-of-Spain et une fébrilité palpable dans l’opinion.

